À Avignon, la musique indé bat son plein grâce au Love Letters
Photo : Clara Bo

À Avignon, la musique indé bat son plein grâce au Love Letters

C’est après une première édition fringante que nous avons décidé de nous rapprocher de Love Letters, un projet ambitieux mené par des étudiants d’Avignon né de la collaboration entre Radio Campus Avignon et la Brigade du Love l’an dernier.

Ils nous rassemblent début avril pour Love Letters, un festival  portant le nom du célèbre titre de Metronomy, proposant un bouquet tant indie rock, shoegaze, garage que rap. Ils ont séduit leur public pour leur première édition en avril 2018 avec Bon Voyage Organisation, Marietta ou encore Ichon.

Ils remettent le couvert les 18, 19 et 20 avril prochains à la Collection Lambert, avec un programme chargé de plaisir, alliant des artistes comme Cherry Glazerr, Prince Waly, Drâme, et Brace! Brace! sur une même scène.

Nous sommes allés à la rencontre de l’équipe du festival lors de leur conférence de presse dernièrement, au coeur de la Collection Lambert.

Interview

Salut Jules, merci de nous accueillir chez vous, rue Violette à Avignon, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Jules, je m’occupe de la programmation musicale du Love Letters avec Gaël et je gère surtout les partenariats dans l’organisation. On est une équipe de treize personnes, majoritairement étudiants en Info Com’, avec chacuns des pôles bien définis : programmation, communication, production, etc…

Quel a été le déclic pour vous de se lancer dans l’aventure de l’organisation d’un festival de musique?

On était dans le conseil d’administration de Radio Campus Avignon, et on a voulu organiser une soirée musicale par mois, on a donc commencé à faire venir des groupes qui venaient d’un peu partout en France. On a réussi à tenir ça pendant un an et en fin d’année on s’est dit “on va faire un festival de musique”. C’était vraiment ça le déclic, de voir qu’il était possible d’organiser des concerts à Avignon, qui est parfois référencée comme une ville morte, et qu’il était possible aussi d’avoir un public pour ça parce que ces soirées marchaient.

On connaît Avignon pour être principalement axée sur sa scène théâtrale, est-ce que ça vous a fait peur de vous lancer dans l’organisation d’un festival de musique, et surtout un festival de musiques actuelles?

Il y a déjà quelques festivals de musiques actuelles à Avignon, mais plus orientés sur les musiques électroniques et qui n’ont pas le même concept ni la même identité, donc il y avait une place à prendre. Pour ce qui est de l’organisation, ça s’est fait assez naturellement, on était en coloc’ avec la majorité des gens qui ont organisé le festival l’année dernière, et du coup ça s’est fait de soi-même, on s’est lancé là dedans sans savoir où on mettait les pieds, mais on a appris sur le tas. On a eu peur jusqu’au bout, mais le jeu en valait la chandelle et on apprenait beaucoup de choses. On nous a souvent dit que le Rock ne marcherait pas à Avignon, mais c’est ce genre de choses qui nous fait dire “oui on va le faire”. Au final ça a marché, et on est très fier de ça.

Bon Voyage Organisation / Photo : Elisa Artero

Love Letters, c’est une programmation assez unique, vous êtes branchés plutôt Indie Rock, Psyché, on a du Rap aussi et de l’Electro. Pourquoi avoir choisi cette direction artistique?

On a cette volonté de rareté, mais ces couleurs dans la programmation viennent seules, on n’a pas de ligne à suivre, elle s’impose d’elle-même avec nos écoutes. On programme sur notre canapé en écoutant des sons, en regardant des lives sur Youtube, on voit très peu de groupes qu’on programme, avant le Love Letters. On a chacun nos affections, je sais que Gaël (ndlr : co-fondateur et programmateur) est plus Psyché, et moi peut être plus ancré Hip-Hop, et du coup on partage ça. Forcément, on construit cette programmation en fonction des actualités des groupes, des labels. On essaie d’apporter quelque chose d’un peu plus Club, avec l’an dernier Sabrina & Samantha, et cette année Drâme, du Hip-Hop, du Rock, du Folk et de la Pop; on ne cible pas de genre précis au festival, on fait ce qui nous plaît avant tout.

Quels sont tes coups de coeur pour cette édition?

C’est compliqué, je suis fan de tout. On a construit ça avec Gaël, on n’a que des groupes qui nous ont scotchés. Après, je suis très content que Cherry Glazerr vienne jusqu’à nous, c’est un groupe qui vient de Los Angeles, on l’a découvert sur notre canapé en regardant des lives sur KEXP et Jam in the Van. En plus, la chanteuse Clémentine est une fille qui a notre âge, qui fait de la musique qui défonce à dix mille kilomètres. On l’a tenté, ça l’a fait et c’est génial. L’avoir à la collection Lambert c’est assez fou. Après Prince Waly ça fait un moment que j’écoute et ça nous est tombé dessus. Un soir il sortait Marsellus Wallace, le premier extrait de son album BO Y Z, et on s’est directement lancé dans cette idée de le programmer. Ça suit bien Ichon, qu’on a eu l’an dernier, il est aussi de Montreuil, il est dans Bon Gamin, autour duquel Prince Waly tourne parce qu’il a fait un album avec Myth Syzer. Ce qu’on a pas forcément abordé, c’est aussi cet aspect de famille à Love Letters, avec ces gens qui viennent, et qui se connaissent. Je pense à Guillaume Rottier, le batteur de Rendez-vous qui était aussi dans Marietta lors de la précédente édition.

Questions de la Stud

Notre rituel de fin d’interview, 10 questions pour 10 réponses au tac au tac :

Un artiste référence
Al Green

Un album
Il suffit de le faire – Ichon

La collaboration la plus improbable
Hamza feat. Christine And The Queens

Un film
Shutter Island

Un super héro
Supergaucho

Une bière
Triple Karmeliet

La femme de tes rêves
Cécile de France

Le lieu de tes rêves
La collection Lambert

Un chauve
Michel Blanc

Une blague
François Ruffin

Love Letters ce n’est pas que de la musique, c’est aussi de l’amour et de l’écriture. La Brigade du Love propose des événements satellites, mêlant arts plastiques, expos photos, radios et conférences autour de l’amour, bien évidemment.
Célébrons cet amour ensemble en Avril à Avignon.

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