« Sans le vouloir elle m’inspire car j’aime Marseille. J’aime le bordel ambiant entre amour et haine. La diversité culturelle est très inspirante. » – Bill Vortex en interview pour le Serendip Lab Festival

« Sans le vouloir elle m’inspire car j’aime Marseille. J’aime le bordel ambiant entre amour et haine. La diversité culturelle est très inspirante. » – Bill Vortex en interview pour le Serendip Lab Festival

Qui cherche l’IDM à Marseille récolte les productions de Bill Vortex. Passé par le Bon Air l’année dernière il remplit également les petites salles authentiques du centre ville ravissant tous les férus de musique électronique. C’est lors de l’édition marseillaise du Serendip Festival que nous l’avons rencontré.

Interview

Où en est l’IDM aujourd’hui pour toi ?

Bill Vortex : Ca fait quelques années qu’il y a un regain d’intérêt pour le genre. Au niveau des sorties c’est assez actif. L’actualité est présente. On retrouve des trucs rétro futuristes où l’on revisite le passé. L’IDM a un côté assez mutant, à la pointe du sound design.

On retrouve souvent un style marseillais dans tous les genres musicaux dits “classiques”, le rap, le rock, une musique punk, comment décrirais-tu ton style marseillais dans la musique électronique ?

Un style marseillais je ne saurais pas te l’identifier comme ça. Je dirais que Marseille est une ville assez à part, il y a un milieu éloigné de Paris, avec une identité très forte. Les musiciens marseillais se démarquent assez souvent du reste de la France.

Quelle relation entretiens-tu avec cette ville ? Comment t’inspire-t-elle ?

Elle m’inspire parce que j’y vit depuis longtemps. Un peu plus de 20 ans. Sans le vouloir elle m’inspire car j’aime Marseille. J’aime le bordel ambiant entre amour et haine. La diversité culturelle est très inspirante. La musique que tu peux entendre en passant dans la rue comme des trucs comoriens avec de l’autotune, des styles marqués que je n’aurais pas le réflexe d’écouter chez moi, ça m’inspire pour plus tard. Quand les voisins mettent la musique forte aussi. Marseille a une atmosphère très particulière.

Comment prépare-t-on un bon live ?

En répétant beaucoup surtout. Il y a beaucoup de gens qui arrivent à improviser la majeure partie de leur live, moi je pense que ça nécessite beaucoup de travail en amont. Il faut avoir une certaine pratique. Aussi, certains jeunes artistes peuvent avoir tendance à être timides devant les gens, si cette réponse peut être un conseil, je dirais qu’il faut bien travailler son atmosphère avant. Comme tout, le travail en amont est essentiel. La préparation dépend aussi de quel matériel on utilise, j’essaye toujours de me laisser plusieurs possibilités qu’elles soient sonores ou techniques, pour ne pas me bloquer. Pour ne pas m’enfermer. Si jamais par exemple tu prépares un truc assez cool et après on te fait jouer au final plus tard au moment où les gens sont à fond, il faut pouvoir rebondir facilement.

Est ce que tu peux nous décrire ce que tu vas jouer ce soir ?

Ce soir je vais jouer les morceaux de Bill Vortex, plutôt électro. Electro au sens premier du terme. De l’électro plus Afrika Bambaataa ou Kraftwerk qui va tendre vers du breakbeat électronique avec des ambiances robotiques. Je vais aussi jouer des trucs plus funky avec des boîtes à rythmes et plein de breaks, des belles lignes de synthé…

La musique est souvent politisée, on retrouve des morceaux comme Incendie Rue Thiers, Les Portes du Futur… est ce que tu penses à cette corrélation musique / politique ou tu t’en débarrasses complètement ?

Je pense que l’aspect politique on va plus le retrouver avec qui on travaille. Les endroits où l’on va jouer, où je vais me retrouver. Incendie rue Thiers c’était plus factuel, il y avait un incendie dans la rue et il y avait une espèce de sonnerie que j’ai pu enregistrer. Dans ma musique je ne met pas forcément de messages, c’est assez délicat. Il faut vraiment être cohérent après dans ses choix. Des fois il y a des personnes très engagées politiquement et ça ne les dérange pas de mettre ça de côté dans la musique. La politique je la fais plus dans ma vie de tous les jours, quand je suis avec les autres et qu’on discute. 

Tu as sorti Musiques Imaginogenes Volume 1 sur Serendip, aujourd’hui tu passes au festival et son édition marseillaise, quelle est ta relation avec l’organisation, comment vois-tu cette logique label-festival ?

Le label c’est Fred, c’est un pote. On a des amis en commun à Paris, il m’a fait jouer sur son festival en 2014, à partir de là on a bien sympathisé. Il m’a proposé de sortir ces morceaux. Je faisais surtout de l’electronica, je lui ai proposé d’un coup des trucs plus funky et il a aimé du coup on a sorti ce projet.

Stud Questions

Un artiste référence

Autechre

Un album de musique

Tri Repetae d’Autechre aussi, c’est pas ce que j’écoute en ce moment mais ça m’a pas mal marqué.

 Un film

La nuit du chasseur de Charles Laughton, c’est un film magnifique, plein de poésie. C’est son seul film.

Un super-héros

Spider-man tout simplement

Une bière

J’aime bien la Duvel, ça m’arrive assez souvent d’en boire.

Le meilleur club

Je ne vais pas souvent en club, mais je te dirais comme beaucoup le Meta.

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