« Ce qu’on aime bien c’est être un gang » Quetzal Snakes en interview

« Ce qu’on aime bien c’est être un gang » Quetzal Snakes en interview

Quetzal Snakes est un groupe de psyché / noise – garage Marseillais, avec à son actif un premier EP début 2014 puis fin 2015 «II», un second EP.

Voici la définition presque mathématiques du groupe que nous avons interviewé. Si vous vous déplacez pour assister à l’un de leur concert vous verrez qu’il y a beaucoup plus de choses à dire.

Avec la puissance de 3 guitares, faire craquer les amplis à chacun de ses concerts. Après avoir écumé la France entière pour jouer, les jeunes marseillais s’apprêtent à prendre la direction du Canada et des Etats-Unis.
Le plus simple pour parler d’eux ça reste de les laisser faire!

L'interview

La Stud : Salut Quetzal

Quetzal Snake : Salut

L.S  Avec une invitation au festival “This is not a love song”, une première partie annoncée des Black Lips à Montpellier et une tournée sur le continent américain annoncée, on peut se dire que tout va plutôt bien pour vous j’ai l’impression ?

Q.Z : Ah oui c’est impeccable ! On fait rouler avec des hauts et des bas mais ça va plutôt bien. On est même un peu en vacances.

 

L.S : Pouvez-vous nous présenter rapidement votre groupe. Qui êtes vous et quel était le projet de base ?

Giaco : Pour ce qui en est de ceux qui ne sont pas là, il y a Nikolaj Boursniev qui est guitariste noise et facteur et Guillaume Rotier qui est batteur à temps plein et qui se fait des couleurs

Moi c’est Giaco, je fais de la basse. Je voulais tenter une carrière dans le cinéma mais je sais pas ce que ça va donner.

Emile : Moi c’est Emile je fais de la guitare et ça se passe plutôt bien.

Alex : Moi c’est Alex je suis à la guitare et au chant, sinon je suis banquier.

 

L.S : On sent différentes influences dans la musique que vous faites, est-ce un «juste milieu» des goûts de chacun ou avez vous une vision précise de là où vous voulez aller ?

Giaco : C’est plutôt spontané en vérité. A la base on se disait qu’on ferait un truc un peu psyché à la Naive Beats mais dès la première répétition ça a sonné comme  ce qu’on fait actuellement.

Au final on écoute tous des choses différentes. Alors que j’écoute plus de Reggae, Nico est plus Noise. 
Je sais que j’ai un jeu très linéaire :  Du coup, on allie une guitare “autoroute” avec une batterie assez minimale qui s’énerve quand il faut. 
On s’est trouvé rapidement, quand je suis rentré j’ai chialé je pense.

 

L.S : Dans l’écriture vous avancez avec cette spontanéité aussi?

Alex : Oui clairement!  Quand on est en répèt, l’un arrive avec un riff et c’est parti. 
On a quasiment rien jeté de ce qu’on a fait depuis le début. Au final, tout ce qu’on fait on le joue en tournée.

Giaco : C’est vrai que même des bouts de riffs on les transforme en morceaux  pour les jouer en live.

Alex : On se dit jamais “il faut faire ça comme ça” ou “ça colle plus à ce qu’on veut faire”, on se contente de faire !

Giaco : Pour l’anecdote, le dernier morceau c’était en tournée à Rennes. Dans la chambre Alex a joué un peu en changeant ses cordes .Puis, on s’est enfermé à l’extérieur de notre chambre d’hôtel sans faire exprès alors on a continué le morceau.

Alex : C’est vrai qu’on a un peu se côté “Punk” parce qu’on travaille dans l’urgence. Tout se base sur la spontanéité en fin de compte.

Giaco : J’ai remarqué aussi que dès qu’on restait un peu trop longtemps sur un morceau on finissait par le jeter. Par exemple, on est resté en résidence à l’embobineuse je sais plus trop pourquoi. Mais en fin de compte on a composé et joué le morceau près d’un an en tournée. Mais quand on s’est penché dessus on s’est dit qu’il aurait pas sa place dans un album et on l’a dégagé

 

L.S : De l’extérieur (et pour vous avoir entendu discuter) on sent vraiment une partie folle amoureuse du garage et une partie plus réticente à ce côté garage?

Alex : Ben je gère moi même un label de garage en fait. On retrouve donc tout ça dans nos compos .En revanche l’idée de ce groupe était presque de faire un truc pas “Anti Garage” mais qui sortait de ce que j’avais l’habitude de faire. Pour monter ce groupe je me suis pas tourné vers les gens que je connaissais du garage. 
Ca se sent dans le choix des musiciens, Emile jouait dans un groupe à deux guitares, rien à voir. Je savais que Giaco était plus Punk 77 très rapide, Nico n’avait jamais joué dans un groupe ce qui ajoutait un peu de piment.

 

L.S : Du coup on voulait que tu nous parles un peu de Retard records aussi, si tu peux nous présenter le label.

Alex : C’est un label que j’ai monté il y a 3-4 ans avec un pote de Rennes qui joue dans dragster. Au début on a sorti quelques cassettes pour ce faire un peu de thunes mais c’est vraiment à la cool. Maintenant on sort des vinyles. Cela reste très Garage dans les sorties mais on va sûrement s’ouvrir à d’autres styles tout en restant Rock.

 

L.S : Pour rebondir sur ce que tu dis, les cassettes se relancent dans le milieu rock en ce moment?

Alex : On a été agréablement étonné, toutes nos cassettes sont Sold Out en ce moment. Je sais pas qui les achète parce que moi j’en achète pas mais j’en vends.

On en vend que peu en France, mais plus en Allemagne, aux Etats-Unis… En Allemagne ils sont assez friands de ça, même en Italie en fin de compte. Je pense que c’est le côté “cheap”. T’achètes ça 5€ et t’as un album entier. On a ressorti des albums déjà sortis en vinyles et des compil”. Le côté compil’ est sympa, même si t’aimes pas certains trucs, c’est pas grave. Puis tu découvres des choses, c’est pas cher et tu peux même les mettre dans ton auto radio si t’en as un !

Giaco : On est sur deux cassettes aussi, je sais plus exactement ce que c’est mais on a été mit dans des compil’. Y en avait une de Buddy Records et ça c’est cool.

Alex : En fait dans les sorties cassettes tu vas surtout trouver des compil’ et des rééditions d’albums. Il y aura pas forcément de nouveautés.

Mais j’aime bien ce format, ça reste aussi en analogique. Puis pour les labels c’est moins cher que de presser des vinyles.

L.S : Vous bougez beaucoup à Marseille, entre le label et l’organisation de concerts (The Spitters, Marietta ou encore Meatbodies).
C’est aussi dur que ce qu’on dit  de faire sortir les Marseillais ?

Alex : Moi ça fait 8 ans que j’organise des concerts à Marseille en fait. Au début c’était dur ouais ! J’ai fait venir des putain de groupes des Etats-Unis et il y avait degun! Si je vous dis des noms vous hallucinez, maintenant ils jouent partout. 
Par exemple JC Satan on les faisait déjà jouer il y a un bail [Ndlr: JC Satan sera à Dour cette année]. Quand j’invitais ce genre de groupes c’était à leurs débuts. On essayait de trouver des groupes avec du potentiel pour pouvoir les payer.

A Marseille c’est dur de booker des groupes chers. On la fait la dernière fois pour Meatbodies ça a plutôt bien marché.  Donc je pense qu’avec de l’envie et une bonne communication. Y a du monde au final à Marseille.

 

L.S : Il y a quand même des fidèles de ce milieu à Marseille, on croise souvent les mêmes têtes.

Giaco : J’aime pas dire ça, mais c’est un peu consanguin comme milieu. C’est toujours “tu peux héberger lui”, “faut acheter des pizzas pour lui” mais d’un côté c’est bien parce que ça témoigne de la bonne entente. Je pense que c’est pareil dans toutes les villes.

Alex : En soi c’est pareil ouais, quand je vais à Toulouse, à Bordeaux, je vois les mêmes têtes. C’est une question d’habitudes aussi je pense.

Giaco : Au final, à Marseille même si on s’envoit des piques dans la gueule comme ça c’est pas une guerre entre ceux qui organisent. On retrouve les mêmes gens, alors que ce n’est pas les mêmes organisateurs et il y a eu bonne ambiance. Ca je pense que c’est pas aussi bien dans les autres villes!

 

LS : Vous avez un univers très dur, très sombre et l’image que vous cultivez dans vos visuels est perçue comme très travaillée. C’est important pour vous de garder une image bien définie et soignée?

Giaco : En gros t’es en train de dire qu’on est des pervers narcissiques? Je plaisante c’est une phrase qu’on aime bien dire entre nous! [Ici, il s’agit peut-être d’une private joke destinée aux absents du groupes qui liront cet article, qui sait]

Alex : En vrai on y a jamais trop réfléchi!

Giaco : Pour être honnête, c’est un peu comme ça vient. Un mec est venu nous voir en voulant nous faire un clip. On a dit oui, au final on avait pas vraiment de regard sur son travail.

Alex : On laisse souvent faire les autres en fait !

Giaco :  Moi j’ai fait un clip avec une voiture qui va d’un rocher à l’autre. On prend souvent le premier truc qui vient sans se soucier de savoir si c’est dans l’ambiance ou pas.

En soi on aimerait avoir une image plus noire plus dark, mais on y arrive pas.

Emile : On aimerait plus travailler notre image je pense. Mais on laisse faire les choses.

Alex : On dit un peu oui à tout quand même.

Giaco : C’est vrai qu’on nous propose souvent les choses genre “ça vous dit que je fasses des photos?” on dit oui. Un concert à Rennes et 15h de trajet on dit oui

Alex : Un exta aussi.

Emile : En fait ce qu’on aime bien c’est être un gang. Tu vois on est un groupe de 5 mecs, on traine ensemble. On a une image dark mais ce qu’on aime au fond c’est cet aspect gang. C’est ça qui nous fait avancer. 
L’aventure humaine nous fait avancer !

 


L.S :Il va y avoir un départ après la tournée USA – Canada, la suite est prévue pour le Label et pour le groupe ?

Giaco : Un départ?

Emile : Bah oui, il y a un départ…

Alex: Ah oui ça c’est moi ! Je pars à Montréal mais je pense que c’est un bien. Pendant 3 ans on a énormément tourné sans prendre le temps de réfléchir à ce qu’on faisait tu vois. Je pense que c’est bien un peu de se poser et de pouvoir anticiper. Là d’ailleurs on va enregistrer un nouvel EP, donc même si je serai pas là il y aura de l’actualité. Puis je reviendrai pour tourner donc ce sera plus intense. Par exemple si je reviens deux semaines on sait qu’on va tourner sans arrêt. En étant loin, on va pouvoir prendre du recul et cogiter. On a pas besoin de répéter pour faire avancer le groupe. On peut travailler sur des choses qu’on prend pas le temps de faire en tournée. Rien que l’image dont tu parlais tout à l’heure.

On deviendra un groupe réfléchi!

Les 10 questions de La Stud avec Quetzal Snake

L.S : Un artiste référence

Emile : moi je pense à Nekfeu pour ton style et celui de Nico dont je parlais tout à l’heure ! [Ndlr : dans 10 ans vous attacherez tous vos cheveux sous votre casquette]

Giaco : Moi je pense à Dado le guitariste de sergent Poppers. En vérité l’artistle qui me fascine en ce moment c’est Nikolaj Boursniev, guitariste de Quetzal Snake! C’est vrai il a 21 ans, c’est son premier groupe et depuis  la première fois qu’il est monté sur scène avec nous en première partie de Destruction Unit, il me bluff  notamment par son aplomb scénique. Je pense que je suis amoureux de lui quoi !

L.S : Un album

Giaco : Destruction Unit – Deep Trip

Emile : The Dolipran

Giaco : Ah oui, ça c’est à écouter! En vrai il se fout de ma gueule c’est un de mes anciens groupes

Emile : Non mais Destruction Unit c’est bien on écoute ça en Rock

L.S : Non mais ne vous limitez à votre style !

Giaco : Dans ce cas mon idole c’est Yellowman!

L.S : La collaboration la plus improbable

Emile : Beh nous!

Giaco : c’est vrai qu’on se connaissait pas à part alex

Alex : On est un groupe de petites annonces !

L.S : Un film

Giaco : Last action heroe avec schwarzenegger

Emile : Je dirai New York 97

Alex : Moi, Aladin !

Emile : Le premier que j’ai vu au ciné !

Giaco : Moi c’était Jurrasic Park ben je me suis chié dessus!

Alex : Non mais le génie me fait penser à Giaco

Giaco : tu me l’as jamais dis ça !

Alex : Ben je viens de le faire!  Il est toujours expressif et il fait jamais la gueule. Toi quand tu fais la gueule tu fais pas la gueule.

L.S : Un super-héros

Alex : On est pas trop super-héros, on est plus anti-héro

L.S : Du coup vous pouvez en donner un!

Giaco : François Damiens

L.S : Une bière

Alex : La Belzebuth

Giaco : Picon Bière !

Alex : Le Gomet en fait!

 

L.S : Le spot de rêve

Giaco : La friche de la belle de mai un soir de septembre avec la team Bud Skateboard.

Alex : Je suis plus Californie moi !

Giaco : Dans ce cas Venice Beach dans les années 90

 

L.S : La femme de vos rêves

Alex : La mienne!

Emile : Bah du coup la sienne aussi !

Giaco : Moi je me suis séparé de ma copine il y a quelques jours donc je vais dire ma mère!

Emile : Ah bah la tienne aussi du coup!

 

L.S : Un chauve qui vous a marqué

Emile : Un futur chauve ça marche? Je dirai moi…

Giaco : François Damiens !  Plus sérieusement c’est Rudy qui a enregistré le premier EP de Quetzal, et de The Doliprane à l’époque.

 

L.S : Une blague pour terminer

Giaco : J’en ai une très mignonne qui m’a marqué en CP!

“Ton père, il est tellement petit que sa tête pue des pieds”

 

Merci à Quetzal Snake !
Crédit Photo : Pixxxo

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