Derrière l’objectif #3 – Martin Gallone (Straussphère)

Derrière l’objectif #3 – Martin Gallone (Straussphère)

On se retrouve pour le IIIe volet de la série Derrière l’Objectif consacrée aux photographes et clippeurs !

Cette fois-ci on vous parle de la Straussphère connue de nos services pour les clichés et le suivi de Roméo Elvis dont on vous a parlé déjà pas mal de fois.
Nous avons rencontré la moitié de la sphère à savoir Martin Gallone, un réel bawlers.

Cette rencontre s’est faite à Marseille, je pensais avoir affaire à un Belge.
Martin m’a demandé où je voulais qu’on se retrouve, je lui ai dis qu’il devait répondre à la question cruciale « Café ou Ricard », il a rétorqué « Ricard » dans la minute : le courant passait déjà très bien !
On s’est donc assis autour d’un verre sur la terrasse de l’un des bars les plus populaires de la ville pour discuter de son travail.

Voici le récit de cette rencontre !

 

L'interview

La Stud : Salut Martin !

Martin : Salut !

 

La Stud : Alors, est-ce que tu veux bien me parler un peu de la Straussphère? Tu es seul? Qui est-ce?

Martin : La Straussphère c’est un collectif d’artiste en expansion. Et le nom vient du gimmik de Roméo : Strauss. La Straussphère à la base c’est Nicolas Catalano et moi-même, deux photographes. Suivant nos projets La Straussphère collabore avec d’autres artistes venant d’autres disciplines. Pour l’instant notre projet c’est de continuer à documenter la tournée Morale de Roméo Elvis qu’on a commencé en 2016. Très bientôt on va aussi réaliser deux clips pour lui. Et faire une autre exposition, pourquoi pas un bouquin photo ?

 

La Stud : Quand on a rencontré les potes du 77 on a commencé par leur demander ce que voulait dire “Bawlers”, c’était une bonne intro à l’interview ! 
Logiquement il faudrait que je te demande ce que veut dire “Strauss”

Martin : Ca se prononce « CHtrauss », je dirai que c’est un mode de vie.

[Silence…]
Strauss Khan !
Levi Strauss !
Professeur Strauss !
Voilà…

La Stud : Alors, tu bosses avec Roméo, tu es son photographe de tournée? Clippeur ? Comment a commencé cette collaboration?

Martin : Oui, photographe, clippeur, chauffeur et crocostrauss dernièrement. On se partage les dates avec Nico et les gros festivals comme Dour on vient à deux. Ca a commencé quand on s’est rencontré à l’école de photo avec Roméo et Nicolas. En deuxième année Roméo commençait à rapper plus qu’à photographier. Du coup je me suis occupé de son premier « Style Libre de Nuit », Freestyle de nuit. C’était son premier Freestyle Youtube et ma première vidéo. (Je crois qu’on en a un peu honte tous les deux)
Puis trois ans plus tard, il fait sa Release de Morale 1 dans une salle de Bruxelles, Le Recyclart. Il nous invite à venir faire des photos. Il y avait une réelle effervescence pendant le concert, même si c’était Bruxelles et donc le fief de Roméo il se passait un truc fou entre lui et le public. On s’est dit qu’il fallait continuer à le suivre sur d’autres concerts. Et ça s’est enchainé très vite, on avait des jobs alimentaires pourris à mi-temps et pas de projets photo en cours alors on lui proposé de le suivre. Il était partant direct. La Straussphère est née.

 

La Stud : C’était quand?

Martin : En 2013 il me semble

 

La Stud : Tu disais que tu le suis sur ses tournées, tu pourrais faire ça pour un autre artiste?

Martin : A fond ! J’ai eu une commande pour faire la même chose, mais c’était un groupe de 12 rappeurs belges. (Niveau4 à couleur café festival) Belle expérience aussi !

La Stud : Vous avez fait une expo à Bruxelles déjà !

Martin : Ouais ! En plus on a eu un super beau lieu d’expo, c’était dans une grande cave située en dessous des Galeries de la Reine à Bruxelles.
Pour se la péter un peu, il y a quand même David Lynch qui a exposé là-bas.
On a exposé nos photos de la tournée et plusieurs montages vidéos.

 

La Stud : Est-ce qu’il y a une photo ou un clip qui t’a marqué ou motivé quand tu étais plus jeune?

Martin : Un photographe, mais ça n’a rien à voir avec le Rap, c’est Saul Leiter. C’est ça qui m’a motivé à me mettre à la photo. En revanche quand j’étais plus jeune je ne regardais pas vraiment de clips. En ce moment par contre il y a les clips de Kendrick Lamar, particulièrement Element que je trouve très beaux. Il met en scène les photos de Gordon Parks, un photographe noir américain qui a lutté contre la ségrégation. J’ai trouvé ça incroyable que le réalisateur prenne ses photos pour les mettre en scène en vidéo.
Il a tapé dans l’inconscient collectif car tout le monde a déjà vu ces photos en réalité. La première fois, je me disais « Ce clip est beau mais pourquoi est-ce qu’il me marque? » !

 

La Stud : Tu fais poser des modèles aussi ?

Martin : Je fais rarement poser, je fais du vif. Sinon, il peut y avoir de la légère mise en scène. Par exemple, j’ai vu Motel qui était bien devant un truc, j’ai pas eu le temps de faire la photo donc je vais lui demander de s’y remettre. Pas plus.
Je ne fais très rarement du studio.

 

La Stud : Donc le « Less is more » et les photos très « pures » en studio ça ne t’intéresse pas?

Martin : Si, parce que c’est quelque chose que je ne sais pas faire donc j’aimerai apprendre. Mais c’est le studio, je n’ai pas l’infrastructure pour le faire. On va dire que je me débrouille pour faire autrement. Après, ma pratique photographique n’est pas figée et avec le temps y a des choses que je détestais avant que j’apprécie aujourd’hui. Comme avec l’autotune.

 

La Stud : Quelle est la pire galère qui a pu t’arriver en shooting ou tournage? Je dis Shooting mais bon si tu fais pas poser c’est compliqué.

Martin : Si justement j’en ai une en tête. Il y a quelques temps je suis allé à Amsterdam pour photographier deux crocodiles.
Mon modèle était avec des crocodiles donc pas forcément à l’aise et… moi non plus.

La Stud : Quelles sont les qualités qu’il faut pour bien shooter un concert.

Martin : Connaître le set déjà, la tracklist, l’avoir déjà vu aussi c’est un vrai plus. A tel moment, je sais que Roméo fait ça, part de derrière et va vers tel côté.
Il va y avoir un jeu avec Swing a un moment ou un autre. Tu sais où te placer.
Et il faut aussi savoir improviser, car tout n’est pas écrit au final ! Il faut être calme, surtout pour filmer quand ça turn-up.

 

La Stud : D’ailleurs, tu fais pas mal de photos en Backstage aussi, tu préfère shooter devant ou derrière la scène?

Martin : Derrière ! Les artistes ne sont plus en représentation, ils sont plus fragiles j’ai envie de te dire. Plus humain en fait !
Ce qui me plait quand je suis un artiste comme en ce moment avec Roméo c’est que je saisis l’envers du décor. Donc il y a ce truc de passer derrière la scène et tu vois tout ce qui se passe, t’as d’autres moments que juste les 45 minutes de scène qui deviennent assez répétitives au niveau photo.

 

La Stud : Niveau musique, quels sont tes classiques et tes écoutes du moment ?

Martin : Pour moi le classique c’est MC Solaar, j’ai grandi avec.

En ce moment je suis forcément très branché Rap Belge, j’aimerai bien citer Isha. Je trouve qu’il a une vraie sincérité dans ses sons, limite naïveté je dirais.

Les 10 questions de La Stud avec Martin Gallone

Un artiste référence 
-JH Engström

 

Un album
-Batterie Faible de Damso

 

Un Film 
-Wild at Heart

 

Un super-héros
-Batman

 

Une bière
-Hoegaarden

 

Le spot de rêve
-Le lac de Sainte-Croix

 

La femme de tes rêves
-Scarlett Johansson

 

Un chauve qui t’a marqué
-Grems

 

La collaboration la plus improbable
-Keny Arkana et Roméo Elvis !

 

Une blague
Pourquoi les indiens font comme ça?
Parce que si ils font comme ça ils voient pas

(malgré nos compétences graphiques nous ne sommes malheureusement pas en mesure de retranscrire cette blague en VO)

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