Live Report : “Ils ont fait le choix d’une programmation pointue” – festival Le Bon air

Live Report : “Ils ont fait le choix d’une programmation pointue” – festival Le Bon air

Vous l’aurez peut-être compris, nous avons décidé de faire référence à l’interview d’Olivier Kerduro parue la semaine dernière. Ce renvoi nous permet tout d’abord de mettre en avant ce qui nous paraît le plus important : La Musique. Alors, nous avons voulu saluer l’audace de l’équipe en charge du festival Le Bon Air, pour sa programmation, ses set-up peu communs et tout ce qu’elle a déployé durant ces trois jours de festival.

SOIR 1 :

Après un apéritif au sommet ensoleillé de la Friche, nous descendons à l’assaut des 6h de musique qui nous attendent. Tout commence et se termine dans le Cabaret Aléatoire ce soir là. Alors qu’on se balade dans toutes les salles, c’est celle-ci qui nous retient le plus longtemps et nous laisse un souvenir impérissable.

OKO DJ – L’équilibre

La soirée commence pour nous par le set d’OKO DJ.
Oscillant entre les styles, OKO DJ passe de rythmes techno à des choses bien plus bréakées.
Derrière les platines, elle tente. Elle passe les disques qu’on se cache un peu, ceux qu’on n’ose pas caler au milieu d’un set.
Pourtant, le résultat est remarquable, la salle se remplit peu à peu et on sent que l’énergie commence à se diffuser.
Un bien beau début de soirée.

DJ STINGRAY – Révoltant

Il fallait bien un titre accrocheur pour être sûr que tout le monde arrête son attention sur ce paragraphe. Cela faisait vraiment longtemps que nous n’avions pas assisté à une telle performance. Autant par sa justesse technique que sa sélection de sons, Stingray nous époustoufle. Track après track le paysage se met en place et s’effondre.
Le mot révolte colle à son set tellement on voit la foule se soulever autour de nous. La chaleur devient vraiment importante dans le cabaret les gens commencent à se sauter dessus. Il aura fallu atteindre le passage de Stingray pour que la folie s’empare du public tout entier.

PAULA TEMPLE – Fin de soirée en force

Comment ne pas clôturer cette première soirée avec un bon air frais venu tout droit de la reine de l’industriel, Paula Temple. Ce n’est pas étonnant de se retrouver dans ce cadre qu’est la Friche de la Belle de Mai résonnant aux rythmes imposés par la « jaguar woman ». Le closing étant son moment favori, elle a su mettre une claque, que dis-je, une torgnole aux festivaliers qui ne demande que ça. Se faire finir par Paula. Un set maîtrisé à 100%, toujours dans une dynamique visant à déstabiliser l’auditeur en l’étourdissant de sonorités claquantes au début puis un jeu de basses pimpant pour l’achever. Après avoir discuté avec des gens dans le public nous pouvons vous assurer que nombreux sont ceux qui ont fait le déplacement pour elle, pour sa techno industrielle.

JOUR 2

LES FILS DE JACOB – Concentré de styles

Les non pas 12 mais 2 Dj français nous ont distillé un Set de puriste ce week-end. Après une rencontre très agréable sur les Grandes Tables de la Friche de la Belle de Mai avec Charles et Antoine, on avait à coeur de voir ce que le Patron de Positive Education et le Dj Antwn pouvaient nous proposer en tandem. La marque de fabrique, évidemment, c’est le registre Industriel. Mais pas n’importe lequel. Les Fils de Jacob sont de vraies bibliothèques musicales, et ils ont énormément d’univers à proposer, à faire entrer en résonance, et tout cela passe par une progression inéluctable du rythme au sein de leurs sets. Cette progression permet aux deux Dj’s de proposer des registres bien différents tout au long du set, on peut même entendre ci et là, des touches de Wave, de KrautRock, de Post-Punk.. Un régal. En clair, nous assistons à une ouverture comme on en rêve, avec l’installation d’une véritable atmosphère dédiée à celle salle du Cabaret, sombre, tranchante, dans l’esprit Industriel qu’on aime tant.

SHLAGGA LIVE – Harmonieuse dissonance

Shlagga nous a fait vibrer au rythme de ses machines pour son tout nouveau Live. Ce Live sort du four, et toutes les influences ont bien été digérées par celui qui après toutes ces années est devenu un vrai esthète dans son domaine. Cette heure passée près de l’activiste underground marseillais pour l’entendre dérouler un registre pointu, entre passes breakées, riffs Acid puissants, et kicks industriels bien saturés, nous donne le sentiment d’avoir touché à quelque chose de très personnel chez l’artiste. Ce qui nous plaît avant tout, c’est que c’est une vraie performance complète, qui change radicalement des sets « autoroute » auxquels nous sommes bien souvent abonnés; les phases quasi-EBM et complètement arythmées nous ont projetés vraiment au coeur de son univers, et nous ont complètement envoûtés. Une prestation de haute volée, et une vraie réussite pour le premier Live de Shlagga qui participe parfaitement  à cette belle soirée au Cabaret pour Le Bon Air.

SOICHI TERRADA – Sourire aux lèvres

En un seul mot : MERCI. Oui, merci Monsieur Terada. Pour les bonnes ondes, pour les sourires, pour les interactions, pour le Set, pour l’amour propagée au sein de l’incroyable BallRoom du Bon Air. Armé de son Kaoss Pad et de son Micro affublé d’un Vocoder, Soichi Terada a su apporter une touche japanisante plus que bienvenue au sein d’un Festival éclectique déjà si bien fourni en références. Premièrement, ce qui marque chez le Dj Japonais de 53 ans, c’est son énergie jeune, lumineuse et flamboyante qui s’est très rapidement transmise tel un virus au sein de la salle; tous les sourires sont figés jusqu’aux oreilles du début à la fin de sa performance. Evidemment, cette énergie est complètement amplifiée par une Tracklist enivrante, groovée, old-school mais fraîche, complètement marquée par le pays d’origine du Dj, qui regorge de prestigieux mélomanes, et l’homme derrière les bande-sons des jeux « Ape Escape », fait clairement partie de ceux-là. Quelle House… Sûrement la forme de House Music que j’ai le plus appréciée depuis vraiment très longtemps. Enfin, c’est un homme qui aime jouer, de son Kaosspad, pour faire retentir des synthés tantôt des flûtes, tantôt des organums, mais également chanter en live, avec son Vocoder, dont il se sert pour remercier chaleureusement son public à chaque instant.
Donc je termine comme j’ai commencé : MERCI Monsieur Terada.

LARRY HEARD – La légende

On avait annoncé que nous allions suivre cette prestation de près. Et bien ça n’a pas manqué. Peu après notre entrée dans la salle, on se colle au rythme du live de ce patron qu’est Larry Heard. Cette fois-ci Larry Heard ou Mr Fingers est accompagné de deux musiciens derrière les decks.
Avec l’écran géant déployé au-dessus de lui, c’est une vraie séance de cinéma que nous offre là le DJ. Dans un univers cosmique, il enchaîne les morceaux dans un registre que l’on entend peu dans les clubs. Sans jamais délaisser le groove, il nous ramène vers ses classics fondateurs comme l’excellent “Washing Machine” qui comme à chaque fois retourne la foule.

BJARKI – L’expertise

Bjarki, c’est l’expert. Sans concessions, sans lâcher un millimètre de terrain sur son registre, il soulève le public du Cabaret dans les règles.
L’islandais bien installé chez Nina Kraviz au sein de TRIP, a prouve son statut de « Monsieur Techno 2015 », en proposant sans discontinuer un registre de Techno très crue et très rapide. Je ne sais pas si on peut parler stricto sensu de musique industrielle, quoique parfois cela s’entend concrètement, mais en tout cas c’est le pouvoir de la Rave qui coule dans les veines de Bjarki.
Quand Bjarki passe, les jambes trépassent. Un très gros set encore, pour un dj qui a su faire vrombir la fournaise humaine et enivrée du Cabaret.

DJ BONE – Monstre de Technique

Sans grande attente, nous nous rendons dans la Ballroom en ayant simplement un a priori positif sur la prestation que nous allions voir.
Le résultat c’est un cours de mix… DJ BONE est impressionnant; que ce soit dans son mix ou dans sa tracklist, il a su très rapidement conquérir le public de la BallRoom.
On retiendra ses cuts incroyables lui permettant d’enchaîner n’importe quelle track…

BPM – Le maux de la fin

Il valait mieux être en forme pour affronter la prestation du trident BPM. L’Union sacrée des trois collectifs : BFDM, Positive Education et Metaphore Collectif. Trois crew, trois villes, trois styles pour un moment commun partagé au sein du cabaret.
Au début du set, on aperçoit derrière les platines Shlagga, Israfil et Judaah. Chacun opère dans un style qui lui est propre. Entre des beats breakés et des moments Techno toujours dans une continuité propre à l’œuvre commune. Au fil des transitions, on voit bien que la complexité est maître et l’ambiance sur scène se ressent dans toute la salle.
Un final puissant et totalement dans l’esprit du festival.

Voilà donc les grands temps forts musicaux de week-end pour nous. Sinon, le festival nous en a mit plein les yeux. Deux des scènes se trouvaient des dans salles où nous n’avions jamais eu l’occasion de faire la fête au sein de la Friche de la Belle de Mai.

Les scénographies étaient dignes des plus grands festivals européens.  La Boîte et sa disposition à 360 degrés… Nous n’avions jamais eu l’occasion de voir quelque chose de comparable à Marseille.
Idem pour le système de light de la Ballroom et ses miroirs qui ont recouverts la pièce d’une magnifique nappe de lumière et de lasers.

Au cours de cet article, nous tenions aussi à remercier l’organisation du festival pour la confiance et la considération qu’elle nous a accordé.
Ce genre de festival manquait à notre ville, on note d’ores et déjà les dates de l’édition à venir !

Crédit photo : Naïri

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