Hot Motion, dernier opus du groupe Temples
Illustration : Faustine Pauvarel

Hot Motion, dernier opus du groupe Temples

La rentrée est souvent signe de sorties incontournables pour les musiciens et groupes. Avec la promesse non tenue de Tame Impala, on se console plutôt très bien, avec l’arrivée de l’album de Temples.

Le Vendredi 27 Septembre, “Hot Motion” atterrit dans toutes les bonnes conditions, bien loin de nous décevoir. 

Temples, groupe anglais de néo-psychédélique, a déjà fait raisonner son nom sur nos différentes plateformes grâce à 4 albums suintant le revival du psyché. Leur premier single Shelter song, qui marque le premier virage de leur carrière, nourrit les irrassasiables fans du courant. Un genre presque porté disparu sur les premières lignes des pages internet. Les britanniques sont d’ailleurs validés par les artistes Noel Gallagher (Oasis) et Johnny Marr (The Smiths) qui considèrent Temples comme LE nouveau groupe anglais à suivre.

Jusqu’à présent, le groupe semblait nager entre les influences bien ancrées des années 60, notamment dans leur tout premier album “Sun Structures” sorti en 2014. Mais s’approprie également les touches plus électroniques, synonymes de leur époque. Notamment dans l’album Volcano, sorti en 2017. C’est d’ailleurs ce dernier qui contient le titre phare,  dépassant le million de vues sur Youtube : Certainty. 

Si l’album Hot Motion avait à choisir un clan, il se tournerait sans hésitation vers celui du premier album. Retomber dans les bras du psychédélisme, c’est ce que Temples cherche à véhiculer à travers cette nouvelle production.

Un choix fortement sous entendu grâce aux trois extraits sorti en trailer de l’album. Respectivement, Hot Motion, You’re Either on something et Context avec un clip pour les deux premiers. A croire que plus le temps passe, plus Temples remonte le passé. 

Nous entamons l’album avec le titre éponyme suivi de You’re Either on something  qui font du pied aux quelques viewers curieux. La suite n’est qu’un parfait prolongement, tant dans la logique esthétique que dans la construction des mélodies. “Context”, le dernier des titres déjà connu intervient au milieu de l’album pour enchaîner sur une totale découverte, jusqu’au 11ème titre. Une fin rondement préparée, avec 5 titres faisant office de douce redescente.

Cette fin d’album souligne particulièrement le stéréotype du psychédélisme, tant dans la voix que dans les choix des sonorités. Atomise, le 8ème titre de l’album, illustre parfaitement ce propos. Premièrement grâce à la voix de James Edward Bagshaw qui, parfois, nous rappelle Syd Barrett dans ses intonations et une certaine naïveté dans la manière de chanter. Secondement, le rythme déstructuré qui vient surprendre notre écoute avec des phases soudainement dynamiques au milieu d’une “presque” chanson douce. 

Il m’a semblé pertinent d’appuyer cette analyse sur ce titre, Atomise, car il marque également le point de rupture de l’album. Soit, une reprise de rythme pour les trois derniers titres : It’s All Coming Out, Step Down et Monuments. Comme si l’on remontait la montagne du BPM sur ces trois derniers. L’importance donnée à l’orgue appuie d’autant plus sur le dénouement épique que véhicule l’album. Si l’on projette l’album sur scène, l’enchaînement de ces derniers symboliserait un beau salut au public, quel qu’il soit.

Hot Motion, un album de Temples finalement très authentique

En conclusion de cette écoute, les mots que j’emploierai à son propos,  relèveront du domaine sentimental, car il me semble qu’il est indissociable du psychédélisme. A la fois harmonieux, mais surtout prenant et captivant, cet album mérite un joli détour. Nous retrouvons la personnalité du groupe, que ça soit dans le mix du son qui choisit de mettre en avant la batterie et la voix. Mais aussi le choix de conserver la valeur organique des sons parfois même bruts, qui nous éloignent des montagnes de machines que l’on voit souvent sur scène. 

Malheureusement, l’étendue du groupe semble être plus restreinte qu’en 2017, lors de la sortie de Volcano. Malgré une tournée en Amérique et un passage à l’émission Quotidien pour la promotion de leur album, les titres auparavant disponibles ne cumulent que très peu de vues. 

En comparaison à d’autres artistes tels que Tame Impala ou Pond, qui résident dans la même sous-branche esthétique, Temples semble avoir à relever le défi de la notoriété. Peut être grâce à une tournée en Europe, ou encore mieux en France ? On l’espère…

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