Interview : « On fait de la musique percussive » – 10LEC6

Interview : « On fait de la musique percussive » – 10LEC6

Retour sur un échange avec 10LEC6 dans l’enceinte du Dour Festival après un concert énergique et salué par la foule belge. Une rencontre avec le groupe au complet, qui nous en dit plus sur leur parcours, et sur le nouveau projet couvé par Pedro Winter.

Interview

La Stud : Bonjour 10LEC6 !

10LEC6 (en choeur) : Bonjour !

La Stud : On est ravis de vous rencontrer, après vous avoir découverts suite à votre signature sur le label Ed Banger Records.
Ma première question à chaud repose sur le concert que vous venez de donner au Dour, et sur un aspect que je n’avais pas imaginé via les versions studio; c‘est toi Simon (ndlr : bassiste) qui a finalement toute la charge mélodique de ce groupe, notamment sur scène, et ça c’est une surprise.

Simon : Bien sûr, il y a Nicole (ndlr : chanteuse) aussi avec le chant, mais effectivement, il n’y a pas d’instruments mélodiques à part la basse. Après il y a pleins de samples qu’Erwan (ndlr : percussions) envoie pendant le concert, mais voilà c’est vrai que le groupe repose beaucoup sur sa section rythmique.
Moi c’est vrai que je me permets d’utiliser pleins d’effets pour faire évoluer les morceaux, avec mes pédales notamment, c’est comme cela qu’on fonctionne.

La Stud : 10LEC6, c’est un projet beaucoup plus vieux que sa signature sur Ed Banger. Comment est-ce que le groupe s’est formé, et sur la base de quelle idée ?

Jess (ndlr : batteur) : On a commencé en 2005. Simon et moi à la base on pensait pas vraiment à faire un groupe, on voulait juste faire de la musique ensemble, essayer des choses, après Gaëlle (ndlr : percussions) s’est greffée au projet par le biais de Simon. Les deux jouaient ensemble dans un groupe dans les années 90, avec Medhi (ndlr : Mehdi Pinson, aka DVNO) notamment : du coup Gaëlle a écouté les démos et s’est intéressée au projet, donc elle nous a rejoints.
Après il y avait une chanteuse, qui était aux Beaux-Arts avec Simon, c’était assez différent d’aujourd’hui, c’était plus du Punk Hardcore avec beaucoup de percussions, et de breaks « dance » tu vois ? Maintenant c’est plus de la « dance music » avec des breaks hardcore, on a un peu inversé le truc.

La Stud : Ca tombe bien que tu nous parles de Gaëlle, parce que je voudrais en profiter pour revenir sur la prestation de cyclisme qu’elle nous a offert (ndlr : 
Gaëlle est arrivée sur scène en vélo). C’était pour savoir s’il y avait un message spécial qui a été passé sur cette entrée en trombes ?

Gaëlle : C’était clairement pour montrer que j’étais agile avec mon corps, malgré mon grand âge ! (rires)

Erwan : Elle sait encore faire du vélo, c’est beau ! (rires)

Gaëlle : Non, c’était rien de particulier, j’aime utiliser des accessoires sur scène.

La Stud : Je me tourne vers Nicole à présent. Durant le concert, tu nous as donné la signification du titre du morceau « Bone Bame », qui parle avec amour
des enfants, de ce « cadeau de la vie ». Est-ce que tu pourrais aller plus loin dans l’explication de tes textes (en bulu) pour la Stud aujourd’hui ?

Nicole : Premièrement je dis merci à Dieu parce qu’il m’a donné des enfants, et je lui dis merci parce qu’avoir des enfants est une bénédiction, parce que les gens ne connaissent pas toujours l’importance des enfants. Quand on n’a pas d’enfants, on a tendance à croire que l’on est bien. Mais une fois qu’un enfant est arrivé dans notre vie, il apporte une toute autre différence, la vie change complètement, et elle devient meilleure qu’avant, certainement.
C’est vrai qu’il y a des enfants qui sont problématiques, mais tous les enfants ne sont pas comme ça. Mais celui qui est problématique, le jour où il disparaît, vous aurez vraiment mal, peut-être plus que si cela avait été ton enfant sans problèmes. Il aura créé quelque chose autour de vous pour faire en sorte qu’il soit toujours présent. Mais le jour où il part, c’est cette présence qui part avec lui, vous serez donc plus malheureux, donc moi je dis merci à Dieu de m’avoir donné des enfants.

Erwan : Ah nous on était pas au courant que ça voulait dire ça ! (rires) On l’a appris en même temps que toi.

Nicole : Sur scène donc, je dis merci parce qu’en même temps je suis la maman du groupe !

La Stud : Et c’est eux (ndlr : le reste du groupe) vos enfants problématiques ?

Nicole : Voilà, exactement ! Les problèmes, c’est eux ! Vous avez l’aînée, le cadet, et les autres enfants. Mais le plus problématiques c’est lui, là ! (ndlr : Simon)
C’est lui qui me casse le plus les pieds. Mais on s’arrange toujours, évidemment.

Erwan : Dis lui pourquoi ! Tu peux pas juste dire ça sans balancer les infos (rires)

Nicole : Il casse les pieds, parce qu’il est tout le temps en train de crier derrière la maman, il est tout le temps derrière la maman. « Qu’est-ce que tu vas mettre ? » « Quelles chausssures ? » « Non ne pose pas ça là ». Tu vois c’est le genre d’enfant qui est déjà « parent », il surveille tout, il contrôle tout, il est là pour tout, même pour rien il est là.

La Stud : Comment est-ce que vous avez rencontré Nicole du coup, comment s’est passée la rencontre ?

Erwan : Ben en fait, Nicole c’est la troisième chanteuse du projet, et quand la deuxième chanteuse est partie, enfin elle était plutôt en transition à l’époque. Du coup on cherchait quelqu’un, et finalement Nicole a répondu à une petite annonce qu’on avait déposée au Studio Bleu.

Nicole : Oui, c’était au studio bleu à Château d’Eau à Paris, je suis tombé sur une annonce d’un groupe qui cherchait une chanteuse pour un album et des tournées, donc j’ai appelé le numéro, et voilà comment ça s’est passé. L’annonce disait « Musique rapide et percussive ».
J’étais allé à ce studio pour un autre projet, mais j’ai vu l’annonce donc j’ai pris le numéro, et je suis tombé sur la messagerie de Jess. Deux jours après il m’a rappelé, et c’est parti comme ça.

Jess : Sur l’annonce, il y avait marqué « tournées et enregistrement d’albums », c’est pour ça qu’elle a répondu, elle voulait travailler quoi !

Gaëlle : Et l’amour est venu !

La Stud : En parlant d’album, est-ce que vous pouvez nous parler de vos enregistrements studio et de votre dernier album ?

Nicole : C’est un album qui est sorti le 9 Mars, « Bone Bame », c’est un format hybride, avec des enregistrements qu’on a fait cette année.

Jess : En ce moment on bosse sur d’autres trucs, on n’a pas tout sorti. Il n’y a pas encore de date de sortie de prévue, mais ça va arriver on verra bien.

La Stud : En attendant vous allez continuer à tourner cet été ?

Simon : Ouais un petit peu, on va à Pete The Monkey demain, puis on fait la clôture du festival Musilac dimanche. Après on va à CosmoJazz la semaine prochaine, c’est un festival plutôt Jazz, mais il se trouve que le programmateur nous aime bien donc on va jouer là-bas.

La Stud : Une question pour en savoir plus sur votre formation. Vous avez commencé à faire du « Punk Hardcore », et aujourd’hui on est sur un format 
« Dance Music » avec une nouvelle chanteuse qui chante dans une langue différente (ndlr : le Bulu, langue camerounaise). C’est ce que vous envisagiez avant de rencontrer Nicole, ou alors c’est le hasard qui a fait que vous avez pris ce virage ?

Jess : En fait on l’envisageait clairement avant de recruter Nicole. On déposait des annonces dans des endroits ciblés en fait, dans des studios qui produisent de la musique africaine. Donc c’était prémédité. Tu vois, on fait de la musique percussive, et on ne voulait pas tomber dans la facilité du chant en anglais, ça nous branchait pas. On avait envie d’essayer d’autres choses ! Et une langue africaine, c’était tout à fait adapté à ce qu’on voulait faire,
en tout cas c’était une direction dans laquelle on voulait aller quoi. C’était pas du tout le fruit du hasard finalement.

Erwan : Avant que Nicole vienne en fait, on a rencontré d’autres chanteuses avec qui ça l’a pas vraiment fait, donc je pense qu’on a clairement eu de la chance de rencontrer Nicole. Parce que c’est vraiment pas évident de mélanger ces styles là avec des chanteuses et des chanteurs qui viennent plutôt du traditionnel.
Moi j’avais essayé de brancher une chanteuse sénégalaise, et ça l’a pas fait quoi.. Je pense que c’était encore trop l’inconnu, en fait on a vraiment rencontré pleins de gens. Donc le fait que Nicole accepte, ça prouve que ça a collé, il y avait une énorme ouverture d’esprit de son côté, donc ça l’a fait.

La Stud : Une dernière question adressée à Nicole, tu peux nous raconter ce que tu faisais avant de rentrer dans le projet 10LEC6 ?

Nicole : En fait avant je chantais dans les cabarets, et je faisais des concerts avec beaucoup de groupes, qui étaient camerounais. En fait la majorité des groupes étaient africains. Donc je faisais beaucoup de musique africaine, et en même temps je chantais en cabaret. Il y avait un studio d’enregistrement, pleins d’installations.. J’y étais presque tous les week-ends en fait.

STUD QUESTIONS

La Stud : un artiste référence ?

Erwan : Beastie Boys !

La Stud : un film ?

Gaëlle : Brazil !

La Stud : une collaboration improbable ?

Nicole : KOKOKO !

Simon : Mais non ça c’est pas improbable ! J’voyais plutôt un truc avec ta chanteuse préférée, Lara Fabian ! (rires)

Erwan : Ouais, avec Aretha Franklin !

La Stud : un super-héros ?

Gaëlle : Flèche bleue ! C’est un serpent qui a un cheveu sur la langue

Erwan : Moi c’est Rick Rubin !

Nicole : Roger Mila.

La Stud : Un album ?

Nicole : Bone Bame, bien sûr !

La Stud : une bière ?

Erwan : La Croix de Chavaux (à vérifier). C’est pas encore sorti ça arrive !

La Stud : Un club ?

Nicole : Ca c’est une question pour Jess

Jess : Le Rex.

La Stud : Un chauve qui vous a marqué ?

Erwan & Nicole : Manu Dibango !

Merci encore à Jess, Nicole, Gaëlle, Erwan et Simon pour cet interview, Rodolphe pour la mise en relation, Nicolas et Clara pour l’accueil, et bien sûr le Dour Festival pour la magie.

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