Interview : 13OP – 2018

Interview : 13OP – 2018

Cela fait maintenant plusieurs années que l’on essaye de vous montrer l’évolution constante d’une ville qui a soif de folie culturelle et qui vise un statut de référence en termes de musique électronique. Nombreux sont ceux qui se retroussent les manches saison après saison pour partager leurs passions, leurs envies ET dynamiser cette belle cité phocéenne ET électrifier ses nuits. Nous avons rencontré 13OP, qui depuis quelques années fait partie des acteurs de cette nouvelle vague. Un collectif, une motivation, ils répondent enfin aux questions que La Stud’ se posait à leur sujet depuis quelque temps maintenant.

Interview

La Stud: On peut lire sur votre page que 13OP c’était un projet étudiant pour la promotion événementielle à Marseille, comment vous vous êtes rencontrés et comment est venue cette envie ?

C’est d’une initiative étudiante qu’est né le projet en 2012. Quelques potes passionnés de musique électronique et étudiants à Euromed (aujourd’hui Kedge) ont senti le potentiel d’une telle aventure et ont commencé à organiser des soirées au début pour l’école et ensuite pour les gens de l’extérieur.

On a la particularité d’être un projet inscrit dans le cadre d’un programme à valeur professionnalisante, et soutenu par quelques enseignants tuteurs convaincus de son potentiel. Le programme s’étalant sur deux ans, chaque année, il y a un roulement : de nouveaux étudiants viennent remplacer ceux qui quittent le projet pour poursuivre différents parcours. Par exemple cette année nous étions une dizaine, qui sait, l’année prochaine peut-être plus ou moins, tout dépendant des recrutements qui seront faits par la nouvelle équipe en Septembre 2018.

La Stud: Adam X, Ritzi Lee, Phase Fatale, vous pouvez être fiers de ramener de tels noms à Marseille mais comment faites vous ? Bon timing, bons contacts, finances illimitées ?

De la négociation à la Danny Roman surtout. On essaye d’avoir les meilleurs compromis avec les agents. Surtout que sur place, on accueille les artistes comme des princes.

Du timing, c’est vrai ! On écoute pas mal de choses variées et on essaye de trouver des artistes jamais venus à Marseille, qui explosent outre France ou qui ont fait de rares apparitions remarquées en France.

Et oui du contact, surtout aujourd’hui. Le développement du collectif a permis de faire de très belles rencontres, ce qui facilite l’organisation et la venue d’artistes.

Pour ce qui est des finances, on peut compter que sur nous. Pas d’allocations, pas d’aide, ce qui montre bien le désintérêt en général pour les projets musicaux alternatifs. Du coup, on oeuvre au succès de chacune de nos soirées et on surveille notre trésorerie !

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La Stud: On voit justement les artistes que j’ai cités ont des styles bien différents, quelle est votre ligne artistique concrètement ?

Ca dépend des années ! On essaye de garder une certaine cohérence depuis 3-4 ans. On est très ouvert sur les styles : de la techno à l’indus avec Adam X, de l’électro avec des artistes comme Umwelt, Dez Williams ou Alienata, en passant par des artistes super éclectiques et novateurs dans leur set comme Credit 00 qu’on invite le 4 mai au Cabaret Aléatoire. Une partie de la team a aussi un penchant pour les sons plus obscurs EBM, post punk, drone, expé. Certains apprécient la trance oldschool ou la musique tribale.

La Stud: On trouve une techno de plus en plus sombre et de plus en plus violente, est ce que selon vous c’est en adéquation avec une société qui se noircit ou c’est juste une histoire de tendances ?

La scène musicale suit les mêmes règles que la mode, il suffit de regarder l’évolution des artistes en vogue. On voit de plus en plus d’électro en ce moment avec des gens comme Helena Hauff, DJ Stingray ou Umwelt, alors que c’était un style qui n’avait pas explosé depuis des années. Aussi, ces dernières années, l’apparition des soirées “warehouse” et le renouveau de la techno industrielle a poussé les gens à jouer des morceaux rapides (comme dans les années 90), mais une autre scène émerge avec une vibe plus lente et plus psyché. C’est juste une histoire de cycles ! Ca nous déplairait pas d’inviter Vladimir Ivkovic ou un de ses acolytes du Salon des Amateurs.

La Stud: 1RDT, Dynam’hit, 13OP, qu’est ce qu’il se passe à Kedge là ?

Les collègues d’1RDT ne sont pas de Kedge, il s’avère que des anciens de 13OP étaient potes avec eux, et ça avait débouché sur une invitation pour jouer au Cabaret en 2016. Notre école est surtout reconnue pour d’autres évènements sportifs mais entre passionnés de musique, on se retrouve. Certains passent le cap et créent des projets qui ont du potentiel et le développent corps et âme.

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La Stud: Vous qui faites bouger Marseille, comment voyez vous son évolution dans les prochains mois/années ?

On rêve de la multiplication de lieux pour organiser. Pas forcément des clubs. Et surtout une diversification des évènements. Proposer des programmations jamais vues pour que notre public découvre de nouvelles têtes !

La Stud: Comment se passe le passage de pouvoirs ? Parce que ce n’est pas forcément facile de trouver des successeurs qui ont la même vision des choses que vous à chaque fois.

La cohérence c’est le plus difficile. On essaye de l’inculquer le plus tôt possible aux membres que l’on recrute. Dans l’ensemble, ça fonctionne bien. La passation officieuse se fait très tôt pour que le successeur puisse prendre ses marques. Il y a ensuite la passation officiel avec la présentation des programmes de aspirants. Puis vient l’après passation, 13OP c’est une grande famille et un ancien n’est jamais loin pour aider un nouveau, même après voir quitté le projet. 13OP c’est un peu un mariage (sans divorce).

La Stud: Et vous justement quels sont vos plans pour cette deuxième partie de 2018 ? Vous ouvrir à d’autres activités ? Vous exporter ?

Terminer mes deux années sur une belle soirée, le 4 mai 2018 au Cabaret Aléatoire ! Une façon de clôturer en beauté tout le travail. Il y a des choses qui se trament surement du côté de Paris ou Lyon, on vous en dit pas plus.

La Stud: Que sont devenus les anciens 13OP, et que deviendrez-vous musicalement parlant ?

Il y a des anciens qui ont gardé un pied dans l’organisation de soirées et d’autres non. La plupart travaille maintenant dans des emplois qui n’ont plus vraiment de rapport avec la musique.

De notre côté, on a envie de rester dans la musique, mais de considérer plus ça comme une passion que comme une occupation à temps plein. Aurélien de son côté fait partie de l’organisation de Positive Education à Saint-Etienne et compte y rester. De manière générale, on n’a pas vraiment fait de plan sur ce que l’on souhaite faire, c’est ça qui est beau aussi avec la musique, il faut se laisser porter par les envies et les opportunités.

STUD QUESTIONS

Un artiste référence

-Philippe Katerine

La collaboration la plus improbable

-Volition Immanent & Philippe Katerine

Un film

-Valhalla Rising

Un superhéros

-On aime bien l’anti-héro Mr. Pickles.

Un album

-Game Over de Credit 00, qu’on invite au Cabaret Aléatoire le 4 Mai. Vraiment varié et puissant.

Une bière

-Une 86 achetée dans une épicerie de la Plaine. Elles ont pas le même goût.

La femme de tes rêves

-La mère à Nico

Un club

-Pas vraiment un club mais Le Meta Zone Libre est un lieu qu’on aime particulièrement (bisous à eux)

Un chauve

-Aurélien

Une blague

-Plus une citation de Coluche “Je suis ni pour ni contre, bien au contraire”

soirée
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