Interview : Convect – 2016

Interview : Convect – 2016

Convect ou William de son prénom est âgé de 23 ans. Il étudie à Nantes. Oui, Nantes, tout comme notre ami Alfie. Lui aussi, fait partie de Soundlockdown avec qui il a commencé à mixer sous le pseudo « Angst ».

Interview

Après une période dédiée simplement au djiing, il lance le projet Convect dédiée à ses productions. C’est un coup de coeur La Stud, le podcast est de haute volée !

Racconte-nous comment est-ce que tu as commencé ce voyage dans la musique électronique

Mon voyage dans la musique électronique a commencé il y a cinq ans. Un étudiant de ma promo s’était acheté un contrôleur et commençait à mixer. Curieux, je suis allé à la découverte de cet étrange instrument et j’ai essayé d’en apprendre les bases. Une semaine après, j’ai acheté le mien, j’ai tout de suite adoré le fait de mélanger les morceaux, expérimenter, et chercher la perfection dans les transitions. À partir de ce moment-là, tout à été très vite, je me suis mis à produire, à jouer en club, à rencontrer plein d’autres artistes etc. Aujourd’hui, je prends toujours autant de plaisir de construire des morceaux, jouer en DJ set, et partager mon univers avec un public.

Quelles sont tes références ?

Quand j’étais plus jeune, je suivais énormément la scène hip-hop et rap US plutôt vieille école avec des artistes comme : Kurupt, Tha Dogg Pound, The Psycho Realm et bien évidemment tout le groupe de NWA pour ne citer qu’eux. J’en écoute toujours, mais j’ai ouvert ma culture musicale à beaucoup d’autres genres musicaux tels que le classique avec Liszt ou Mendelssohn, le dub avec High Tone ou Improvisators Dub, l’ambient avec Shaded Explorer ou Fjäder, et bien sur la techno, la liste serait beaucoup trop longue mais disons : Stanislas Tolkachev, Acronym, Edit Select, Dave Clarke…

Des lieux de plus en plus underground aux lieus les plus prisés et “tendances” où en est la techno aujourd’hui selon toi ?

J’ai du mal a croire que la techno soit toujours underground, c’est un genre qui s’est largement démocratisé au cours de ses 5 dernières années. C’est aujourd’hui un mouvement grand public au dépit de ses anciens puristes des raves des années 90′. Le milieu s’est professionnalisé avec des festivals exceptionnels, des labels de qualité, et des artistes très talentueux. Le public s’est adapté à cette nouvelle tendance et aujourd’hui les promoteurs n’ont plus peur de proposer des soirées très pointues. J’imagine que c’est un cycle qui prendra fin dans plusieurs années.

On assiste à un effet de mode autour de la techno, les cachets montent très haut en fonction des likes, des followers sur les réseaux sociaux, le succès de la techno peut-il lui nuire ?

Le succès de la techno peut se nuire à lui même semblablement à un cercle vicieux. Toujours plus de collectifs, d’organisateurs, de soirées, d’artistes etc… Il y a un moment ou le marché atteindra un seuil de saturation. Pour le moment j’ai la sensation que ce mouvement reste viable, les acteurs professionnels ne se marchent pas dessus, la créativité est plus forte que jamais, et de nombreuses vocations ont émergées grâce à ce réseau actif. En ce qui concerne les cachets, ça ne me choque pas, il y a de plus en plus de budget et de public, donc les artistes sont payés en conséquence. On reste très loin des aberrations de l’EDM du point de vue création artistique / cachet.

Quel est votre avis concernant les nombreuses récurrences que l’on peut trouver au début de certaines track, le kick ou la bass ultra imposante ?

Pour un auditeur je peux comprendre que cette récurrence des débuts de morceaux par des gros coups de kick bien gras peuvent être lassants. Mais il faut savoir que ces fameuses basses sont le meilleur point de repère pour un DJ. Les morceaux techno sont majoritairement produits par des DJ alors je trouve ça normal, je fait exactement la même chose.

Boiler Room, grands labels à succès, dj set qui se transforment en podcast, festivals à foison, que restera-t-il de tout ça ?

Si la techno venait à périr, je pense que de nombreux acteurs indépendants arrêterai petit à petit leur activités. Il ne restera que les grosses maisons qui suivront la prochaine tendance et d’autres qui ne bougeront pas d’un pouce. Cette évolution est déjà en marche notamment chez Boiler Room, Overdrive Infinity ou Rinse FM avec des programmations très avant-gardistes, l’avenir de la musique électronique est très riche. Pour ma part je suis impatient de connaître le renouveau.

Est-ce que tu te limites en termes d’inspiration, une forme d’autocensure peut-être ?

Je ne me limite jamais en terme d’inspiration, je prend tout ce qu’il y a à prendre. Ma manière de fonctionner est particulière, je marche par période et à l’humeur. Je vais écouter de la musique pendant quelques mois et m’imprégner des structures, des ambiances, des couleurs… Puis une fois que j’ai une idée précise de ce que je veux faire, j’allume mon logiciel et je produis. L’état d’esprit dans lequel je suis au moment de la production influe également beaucoup sur le morceau en construction. Pour rentrer dans des conditions optimales, je me coupe des réseaux sociaux et je met à charger mon téléphone et je fait mon morceau d’une traite. Trois à six heures plus tard, j’ai une track. J’enchaîne souvent les jours et semaines suivantes pour compléter en EP. L’inconvénient de ce processus est l’absence d’EPs régulier sur mon Soundcloud, mais d’ici la fin de l’année, 2 EP sortiront !

De quel côté des platines as tu vécu votre meilleur instant techno ?

J’ai vécu des moment inoubliables des deux côtés, c’est très difficile de choisir ! Je dirai face aux platines lors d’une soirée au Tresor à Berlin avec en maître de cérémonie : Sleeparchive. La puissance de son set était incroyable et l’ambiance du lieu faisait ressortir le caractère de sa musique. La vibe était indécente.

D’après vous, à quoi reconnait-on un bon live ?

Pour moi, un bon live se caractérise par une bonne évolution du set telle une histoire, des pics d’intensité, et des moments d’accalmies. J’aime y retrouver une part d’improvisation et des erreurs. Cela donne tout le charme à la performance.

Une pépite à nous livrer là en exclu pour la Stud, une track coup de coeur ?

Gotshell – Kirche Pyramidal (Faut Section)
Cet artiste est un ovni, il sort de nul part et fait parmi des producteurs les plus talentueux que j’ai découvert ces derniers mois. Déjà 7 sorties sur des labels de renom (Planet Rhythm, Affekt, Dynamic Reflection) et seulement une centaine de followers !

Est ce qu’il y a des choses qui vous agacent dans le monde de la techno d’aujourd’hui ?

Les gens qui écoutent de la techno depuis 2 jours, qui se croient trop underground, et qui postent la Boiler de Len Faki sur leur mur Facebook « a quelle heure la techno ». Agaçant.

Stud Questions

Un artiste référence

Surgeon

La collaboration la plus improbable

Patrick Sebastien x Gesaffelstein

Un film

Victoria

Un super-héro

Kick Ass

Un album

Kobosil – We Grow You Decline

Une bière

86 Bavaria

La femme de tes rêves

Sarah Rafferty

Un club

Trésor, un jour j’attendrai la piste du Berghain

Un chauve

Jean-Pierre Coffe (R.I.P)

Une blague

Joker !

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