« On veut autant faire de la Bass music que du Trip hop, de l’Ambient ou de l’Electronica » MBKONG et Kumanope pour Omakase
©Bonnie Boo

« On veut autant faire de la Bass music que du Trip hop, de l’Ambient ou de l’Electronica » MBKONG et Kumanope pour Omakase

Souffle coloré sur la cité phocéenne, Colors Vol 1 amène la liaison entre électronique et acoustique dont on avait besoin. À l’occasion de la sortie de leur première compilation, on a rencontré le binôme à l’origine du label marseillais Omakase.

Colors vol. 1 vient de sortir, mélangeant parfaitement les esthétiques, avec un bon pied dans l’électronique tout en donnant une part belle à l’instrumental. De solides armes du côté de la production comme derrière les platines, MBKONG (fka Goldie B) et Kumanope renforcent l’identité de leur label Omakase avec une compile en 12 tracks et une armada de productrices et producteurs hauts en couleurs.

C’était quoi votre désir en voulant sortir une compilation regroupant autant d’esthétiques, ne s’arrêtant pas à un genre ou un style, en multipliant les horizons et les ambiances ?

Bonnie : Je sais pas si c’était le désir de base initialement. On a demandé à des artistes qui étaient eux-mêmes dans des univers extrêmement variés, divers, singuliers et vraiment différents les uns des autres. Au départ, c’est vraiment venu d’un désir de les sortir un peu de leur confort et de leur studio, c’est vraiment des producteurs qui ont tendance à produire beaucoup mais à rien sortir et du coup on leur dit « bon les gars on se motive, on a envie de sortir une compilation avec chacun d’entre vous parce qu’on adore vos productions et faut que les gens écoutent et sachent ce que vous faites. Donc sortez nous une track, soit que vous composez pour la compile, soit une track qui dort quelque part dans votre disque dur et dont vous avez envie de faire quelque chose ». La seule consigne qu’on leur a demandé à ce moment-là, c’est de pas faire une track club, non pas qu’on aime pas la musique club au contraire, mais il fallait juste qu’il y ait une homogénéité dans l’ensemble et donc c’était la seule consigne qu’on a donné, pas un truc qui bourrine.

Michael : On voulait faire à la base une compile axée sur la musique électronique déjà large mais pas axée pour le dancefloor et du coup on voulait pas faire un disque à la base, on était parti pour faire une compilation en free download sur bandcamp et delà on s’est dirigé sur un double vinyle. Je crois qu’on a commencé à parler de ça en janvier/février 2020. Et pour les tracks au final, quasi tous les artistes ont fait un track spécialement pour la compile et des choses assez dingues d’ailleurs. Au fur et à mesure qu’on recevait les tracks, on s’est dit que c’était un peu bête de juste faire un free download avec ça, donc on a commencé à plancher sur le sujet de faire un disque. Au début on avait plein de dates de prévues à l’été donc on s’est dit qu’on pourrait le financer avec ça, mais au final tout a sauté, on a opté pour le crowdfunding.

Sur l’eclectisme et le gros panel de musiques qui peut y avoir dans la compile, c’est aussi faire un peu une présentation de qu’on peut proposer avec le label, ce qu’on a envie de faire. Une sorte de carte de visite, on veut pas se cantonner à un style, on veut autant faire de la Bass music que du Trip hop, de l’Ambient, de l’Electronica.

Bonnie : On est pas fermé à la musique club, mais on a quand même envie d’avoir une certaine élégance dans la DA du label, essayer de proposer quelque chose de fin et de large sur le spectre des musiques électroniques, et ça s’est fait avec le talent de tous les artistes qui sont présents sur la compile.

Double LP disponible sur Bandcamp, artwork par Michael

C’est essentiel pour vous d’essayer de donner une nouvelle dimension à ces constructions ‘classiques’ club ?

Bonnie : Exactement.

Michael : C’est ça il y a des sons qui ont vraiment cette empreinte, je pense au track de la Dame Death Of The Samouraï qui est bien pêchu, mais qui a quand même une esthétique qui passe mieux quand tu l’écoutes dans ton salon qu’en club parce qu’il est dans une atmosphère un peu spéciale, comme le track de Lngsigh aussi qui est un track Jungle mais plus axé liquid. C’était un peu le but oui.

J’ai vu la compile comme un réel voyage, vous parlez de planètes et d’univers ; on a d’ailleurs un artwork en total accord avec l’atmosphère donnée, tout en laissant une part d’imagination. Vous avez voulu donner un paysage sonore spécifique à la compile ?

Bonnie : Tout ça s’est fait assez naturellement, beaucoup de choses sont le fruit du hasard. C’est une exoplanète cette compile, et encore, pourquoi pas faire des volume 2 et 3 de nouvelles exoplanètes. C’est vraiment un ensemble, on a permis d’attirer toutes les molécules de cette exoplanète que ce soit les tracks ou les musiciens qu’on a invité sur cette compile. Après, c’est vraiment un fruit de hasard, tout s’est mêlé, on a l’organisation de la tracklist, telle track qui va avec une autre, on a vraiment pensé ça comme ça.

Michael : On a passé du temps à bien définir l’ordre des tracks, on l’a revu quelques fois. On a enlevé un morceau aussi, qu’on n’a pas forcément trouvé en accord avec le reste, mais qu’on utilisera probablement dans un autre volume.

Bonnie : En termes d’homogénéité, je pense que c’est clairement dû à ce voyage, ce paysage sonore, ce qui fait que chacune de ces petites molécules s’attachent l’une avec l’autre, mais c’est surtout grâce au mastering qu’on doit à Simon Lancelot du studio Ferber à Paris, qui a notamment travaillé sur le dernier de Chassol je crois. Moi je l’ai rencontré parce qu’il s’est occupé de masteriser l’album d’un ami à moi sur In Finé et il a fait un super beau travail parce que mine de rien on est arrivés avec 12 tracks mixées par chaque artiste, autant te dire que chacun à sa façon de mixer. On lui a dit de faire un truc homogène avec tout ça.

Michael : Sinon l’artwork n’était pas du tout réfléchi sur le terme du paysage, c’est arrivé de manière un peu spontanée, à la base j’étais partie sur quelque chose d’un peu abstrait. Ce matin on en parlait, on se disait, ça serait bien de reprendre la même thématique niveau visuelle avec ce paysage et de l’associer à cette série de compilation qui va suivre.

© Maxime Ryckwaert

Vous vous êtes permis de créer votre propre planète donc ?

Bonnie : Exactement, sur notre planète tu as plein d’endroits différents, les paysages du nord du Canada, le désert du Sahara, les régions arctiques, les îles etc. et là chaque morceau de la compilation peut être un endroit de cette exoplanète. C’est assez cool de réfléchir comme ça, si on avait de la tune pour faire des clips, chaque morceau serait un paysage de cette planète.

Outre les planètes, vous êtes pas mal branchés couleurs. Là on a Colors vol. 1, vous avez aussi les monochrome sur Piñata, vous voyez comment cette analogie entre couleur et musique ?

Michael : C’est vrai qu’on a fait une fixette sur la couleur.

Bonnie :  Ça vient même d’avant. Justement, de vouloir sortir de ce carcan club et de s’ouvrir à de nouveaux paysages, le fait que Michael et moi venons d’univers différents mais qui se complètent, « world », afro, black music, electro etc. c’est que des couleurs, c’est assez dingue en fait cette idée de chromesthésie. Notre travail avec cette émission monochrome, c’est vraiment ça, l’évocation des sons avec les couleurs, c’est super intéressant. Certains le font dans la littérature, comme Rimbaud d’ailleurs qui avait ce truc-là de chromesthésie mais avec les lettres où chaque lettre lui insufflait une couleur, une captation de couleur. Il était complètement obsédé par cette idée, bon ça lui a pas trop réussi quand même, j’espère qu’on finira mieux que lui. On n’a pas peut-être pas son talent non plus donc ça tombe bien.

C’est intéressant en fait d’aller au-delà du son, tout ce que ça peut t’évoquer et notamment dans la couleur, et c’est vrai qu’en plus, mettre de la couleur c’est cool, c’est pas si commun. J’adore m’habiller avec beaucoup de couleur, et je vois les gens ils s’habillent beaucoup en noir, sombre. Même dans les jaquettes, les covers, les esthétismes sont très sombre. Osons la couleur ! On ose un projet un peu fou de réunir 18 artistes sur 11/12 tracks, qui ne sont pas connus et qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Oser la couleur ça va dans cette même optique. Mettons aussi de la couleur dans les clubs, enfin remettons-en ! Yen a avait beaucoup avant dans les clubs New Yorkais, les bars disco etc. Maintenant c’est très devenu noir et sombre.

Michael : On aime bien ce côté coloré ouais, et l’associer avec la musique ça donne un truc pas mal intéressant. Avec les monochromes c’est assez chouette, déjà on a des super retours, des gens qui kiffent bien le projet, même si nous on a l’impression qu’au bout d’un moment ça va tourner en rond. On était en train de tomber sur des couleurs presque similaires, c’est pour ça qu’on joue sur les teintes maintenant. Mais le truc c’est que tu peux donner deux couleurs à deux personnes, tu auras deux choses différentes, par leur univers musical et leur ressenti.

Bonnie : Finalement c’est pas grave que les couleurs reviennent. C’est intéressant de voir ton bleu cobalt comment une autre personne pourrait l’interpréter, les artistes adorent. D’ailleurs on aimerait bien l’ouvrir à des artistes pas que DJ, comme des photographes par exemple, on a pas besoin que ce soit mixé d’ailleurs. Par contre le noir c’est l’absence de couleur, un peu comme le blanc mais je préfèrerais faire le blanc, ça peut être plein de choses, alors que le noir… et tous ceux qui nous l’ont demandé jouent de la techno donc voilà (rires) Donc voilà d’où vient notre obsession avec la couleur.

Vous avez fait un évènement au Talus cet été, mais vous êtes beaucoup dans la production sur le projet. Comment vous envisagez les lives avec Omakase, vous avez une vision et pensez à des formats spécifiques ?

Michael : On aimerait beaucoup plus développer le côté live que le dj set, ça se prêterait clairement mieux avec ce qu’on fait sur le label. Je pense que c’est même important pour nous que les artistes qu’on signent sur le label proposent du live, ça amène quelque chose de plus cohérent et de plus pertinent.

Bonnie : Les dj sets on en voit beaucoup et bon… Là la majorité des artistes qui ont signé vient du live. NxQuantize par exemple, il a un groupe qui s’appelle Avee Mana qui commence à bien tourner, ils ont été sélectionnés aux inouïes d’ailleurs, hyper cool, rock psyché, leurs clips sont trop marrants, DIY VHS. On va lui faire son album sur Omakase, il a bossé avec Grems et Appolonie​ aussi qui est une chanteuse de Marseille, ultra classe. Lui il vient de ce monde-là en plus de tout ce qui est sampling et tout. C’est l’artiste qui représenterait le mieux Omakase pour ce qui est musique électronique et musique acoustique, parce que c’est vraiment ce qu’on veut faire avec ce label. Pour revenir à ta question, le live oui, il faut absolument que ça prenne tout son sens, qu’on ait les structures adaptées pour le faire aussi. Dès que tu veux avoir un batteur ou autre, ça demande plus de logistiques et c’est compliqué. J’aimerais bien faire un live, mais au final tu restes sur du APC-clavier-micro quoi, sur une config comme ça ça passe, mais dès que tu veux d’autres artistes dessus ça devient compliqué. Le truc c’est que les structures manquent un peu à Marseille, il n’y en a pas tant que ça, et pour celles qu’il y a, la liste d’attente est longue. Sinon il faut une bonne fanbase pour vendre des places.

Michael : Avec le confinement qui a été lancé, on avait juste pu faire la release party de Fuzzy Logic dans l’annexe du WAAW, avec un live c’était un petit truc sympa.

Bonnie : On aimerait faire que du live ouai

Michael : Et le dj set pour terminer. Mais pourquoi pas mélanger dj set et live. On a eu un peu ça au shop pour la sortie de la compile avec Regard Renard qui scratchait pendant le dj set d’Emahix.

Bonnie : Ça m’est arrivée de chanter pendant que Michael mixait. Pourquoi pas mélanger tout ça. On a un ami aussi, Cyril Benhamou qu’on aimerait bien faire venir. On veut vriament faire se rencontrer ces deux mondes, électronique et acoustique. Mais de façon parcimonieuse, ça m’est arrivée une fois de jouer avec un mec qui jouait du djembé et le mec s’arrêtait plus, pendant les drops, les breaks.

Vous produisez sur des champs autant électroniques qu’acoustiques mais avec toujours un grand pied dans la scène club. On parlait un peu des lieux et des acteurs marseillais, vous situez comment la scène Bass music sur Marseille en ce moment ?

Bonnie : Ça se monte bien ! T’as Bi:Pole qui s’affirme sur ce champ là au niveau de la bass c’est cool. Il y a aussi Mystique et Judaah également. Le côté Dancehall se développe pas mal bien aussi avec Maraboutage. On n’est pas sur du Sherelle etc. mais on y arrive un petit peu.

Michael : Après c’est un son qui est vraiment teinté de l’Angleterre, du coup c’est à fond UK. Je pense que ça porte un peu plus aux oreilles de la France ces dernières années. Quand j’allais à l’Electromind il y a 10 ans, t’avais une salle par style et c’était que dans ce genre d’endroits que t’avais ces esthétiques, ou tu retrouvais des Noisia et autres au Dock des Suds aussi. Jamais vraiment ça en format club, alors qu’en Angleterre c’est très imbriqué là-dedans.

Bonnie : Tout en ayant de la House, de la Techno surtout. Là-bas les effets de mode ils sont dilués. Tu peux avoir un mec qui t’envoie un gros son de Jazz et tout le monde est fou. Je connais pas de club en France où tu vois ça. Même après avoir découvert les clubs à Berlin, quand tu reviens en France tu retrouves pas ça, il y a un côté frenchy un peu frileux, un peu chiant. Du coup c’est cool parce que cette musique un peu Bass amène un nouveau vent, et la mentalité qui va avec est peut-être moins comme la Techno, un peu plus souple.

Michael : Les constructions sont plus libres, ça permet de passer du tout au tout, dont un track de Jazz ou du Hip hop.

Bonnie : Et un côté plus coloré. Pour la scène marseillaise, on sent que ça arrive, par contre on manque clairement d’infrastructures pour ces soirées. C’est le problème de Marseille. Ça manque surtout de lieux avec une identité forte, t’as le Makeda qui se démarque bien et à une super proposition en général et le tremplin Orizon Sud. Mais oui pourquoi pas un lieu bien Bass music, encore faut-il un public qui soit là.

Bonnie : T’avais par exemple la soirée avec Skee Mask au Cabaret Aléatoire mais t’avais personne, donc pourquoi en faire pas mal si tu gagnes rien dernière et que les gens se bougent pas ? Le marseillais est frileux, il est pas hyper curieux/aventureux. Après il y a de la dynamique, plein de gens arrivent de partout en ce moment, pour ne pas dire les parisiens.

Michael : Après je pense que petit à petit ça va se faire, je suis optimiste là-dessus. Le côté Bass music va bien s’inscrire dans le paysage ici. Avec le Bon Air, ça insuffle un air nouveau et c’est bien ça.

On est dans une parfaite incorporation de l’acoustique avec l’électronique. L’intervention d’instruments ça vous amène à des productions plus posées et travaillées ?

Michael : Ce que j’écoute le plus en soit c’est le Jazz, j’essaie de le mêler de plus en plus dans mes productions, par le sampling déjà, en essayant de sampler plein de musiciens que j’adore, notamment Matthew Halsall qui est un peu mon chouchou du moment. Ce côté Jazz déjà ouais et après tout le côté Bass music (qu’on a évoqué avant).

Bonnie : Je viens du Jazz et j’essaie d’apporter de l’électronique dans la musique et lui il vient plutôt de l’électro et il cherche à apporter du Jazz dans sa musique. En fait on a un peu inversé et du coup on se rejoint un petit peu, on a un équilibre.

Michael : Là j’essaie limite de faire des productions qui sonnent un peu moins électro mais tout en ayant cette colonne et Bonnie c’est plutôt l’inverse.

Bonnie : Un peu ouais, moi, plus c’est épuré, mieux c’est. Moins il y en a, plus je suis bien. Et Michael c’est plutôt l’inverse. Lui c’est la jungle et moi c’est le désert, bien aride. Le tribal pas mal, les trucs un peu shamanique c’est vraiment sympa, tout ça saupoudré de Bass, et de House aussi. On a envie de mêler tous les styles de musique qu’on affectionne, autant Michael que moi. C’est un joyeux mélange de tout ça, et surtout sans se poser de limites. C’est pas parce que je fais une bassline très grasse en mode Bass que dessus je vais pas mettre des drums un peu plus Jazz ou housy, on se pose pas ce genre de question.

Michael : Ce qu’on kiffe le plus c’est ce qui part un peu dans tous les sens.

On pourra voir quoi sur Omakase par la suite ?

Bonnie : Mon EP de remix, l’EP de Michael (en chantier mais ça arrive), l’album de Nxquantize, notre projet en collab, le fameux point de rencontre entre nous deux d’ailleurs, et aussi mon album. D’ailleurs, on aime aussi beaucoup ce que fait Sinclair (Ringenbach) avec Vanda Forte, ils ont un projet où se rencontrent electronique et acoustique, une sorte d’hybridation entre Bass, Jungle avec des sonorités bien orientales, c’est vraiment mortel. Là ils préparent un live. On a plein de projet, plein d’idée mais on va prendre le temps. On réfléchit aussi à ce que chaque sortie ait un support physique pour les prochains projets. Le digital ça tombe vite dans les oubliettes et sa vente est compliquée aussi. Ça va nous permettre d’avoir un petit modèle économique viable. Il y a un accomplissement différent aussi, d’où les clés USB.

Bonnie : Avec ce label, on espère bien aller à l’opposé de la junk musique !

QUESTIONS LA STUD

Un.e artiste référence

Bonnie : Dan Kye/Jordan Rakei

Michael : Bradley Zero (+ pour le côté dj)

Un album référence

B : Yussef Days trio (live à Copenhague)

M : Wagon Christ – Recepticon

Une collaboration improbable

B : Jordan Rakei et Anderson .Paak

M : Pharoah Sanders & Floating Points

Un film

B : Brazil

M : 7 samouraï

Un.e super-héros/héroïne

B : Subman

M : Deadpool

Une bière

B : Une Pale Ale

M : Une bière artisanale du Verdon au miel

La meilleure scène (club, festival)

B : Le New Morning

M : Le Worldwide festival

Un.e chauve

B : Michael dans 10 ans

M: Kevin (Algo Guerïo)

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