Interview : « Je fais une musique moins conventionnelle » – Searaime

Interview : « Je fais une musique moins conventionnelle » – Searaime

Artiste marseillais, Searaime est à l’origine du premier disque sorti sur le label « Smoky Window ». En solo ou avec son groupe Empire State, il réalise des performances Live en jouant une musique basée sur la puissance de ses kicks et la force de l’analogique. On a parlé de ses influences, qu’il y est et de son entourage. Rencontre avec Searaime !

Interview

La Stud : Déjà, Bonjour !

Searaime : Bonjour !

La Stud : Tout va bien pour toi en ce moment ?

Searaime : Oui, ça va tout roule.

La Stud : En 2017, tu sors ton premier disque. T’es signé sur Smoky Window, c’est une histoire de famille non?

Searaime : En fait, Colin le patron d’Extend and Play est un bon pote à moi. C’est lui qui a voulu me lancer. Je lui envoyais des tracks depuis un moment. C’est une des premières personnes à avoir cru en moi on va dire. Il voulait que je sorte en premier sur son label. Il a direct pensé à moi. J’ai tout de suite accepté.

La Stud : Pourtant ça fait longtemps que t’es dans le son. Comment t’as rencontré la musique électronique ?

Searaime : J’ai un parcours assez atypique. J’ai commencé par la basse. Je jouais dans des groupes de Métal et de Punk. Ensuite, j’ai arrêté complètement, je suis parti en école d’ingénieur. Je n’ai pas arrêté d’écouter de la musique, mais c’est après ça que je me suis mis à écouter de la musique électronique. J’ai commencé par le Trip-Hop. A cette époque là, j’ai attaqué par le scratch. J’écoutais beaucoup de Hip-Hop et Trip-Hop. J’étais pas vraiment dans le mix, je me concentrais plus sur la technique, les scratchs et les skills. Au bout de deux ans de scratch, ça m’a un peu saoulé et je me suis mis à la compo sur Ableton. Ce qui m’a vraiment motivé à m’y mettre sérieusement, c’est de voir ce qu’arrivaient à faire mes potes Jean Redondo et Sébastien Michel (UVB) sur leur projet électro « Daxyl ». Ensuite, je suis parti au Canada, j’ai continué à produire et envoyer mes tracks à Seb pour avoir des Feedbacks. C’est là que j’ai bien galéré sur Ableton et commencé à rentrer dans le vif du sujet… Dès que je suis rentré sur Marseille, j’ai commencé à bosser et pu m’acheter des machines.

La Stud : Tu t’es tourné vers les courants qu’on pourrait appeler « alternatifs ». Par là, j’entends tout ce qui est breaké, EBM… C’est moins accessible à première vue, qu’est-ce qui t’a amené à ça ?

Searaime : L’EBM j’en fait pas, mis à part avec Empire State en groupe. C’est pas quelque chose que je fais en solo. Comment expliquer pour les trucs plus breakés… J’ai découvert ça au Canada, c’est à ce moment là que j’ai vraiment écouté de la musique électronique. Là-bas, il y a zéro musique électronique. Dans tous les clubs, il n’y avait que de l’EDM, de la « Dance Music » très commerciale. De temps en temps seulement, il y avait une soirée Dubstep. Pour moi c’est à peu près pareil en fait… J’étais pas à Montréal, j’habitais dans une petite ville. J’aimais pas mal la Techno mais quand tu la vis pas en club c’est vraiment pas la même. J’ai donc vite migré vers l’IDM avec « Aphex Twin » ou « Autechre » par exemple ou alors l’électro avec « Drexciya ». J’ai beaucoup écouté ce genre de trucs. Je pense que le Trip-Hop m’a aussi influencé, c’est pour ça que j’ai des facilités à me tourner vers une musique moins « club ». Je fais une musique moins « conventionnelle » on peut dire car j’ai pas l’expérience qu’il faut pour.

La Stud : Sur le SMOKY001, il y a plusieurs tracks bien différentes. Pourtant, il y a un lien fort c’est Marseille. Pourquoi on retrouve autant Marseille ?

Searaime : Marseille c’est ma ville natale. J’y suis très attaché. J’ai quitté cette ville à 17ans pour les études. Ca a été un peu une grosse fracture pour moi. J’étais très vite nostalgique. En vrai j’ai eu la chance de pas mal voyager. Il y a quelque chose de particulier ici que tu retrouve un peu aux quatre coins du monde. C’est un spot assez extraordinaire, il y a des choses très variées. Tu peux trouver un côté nature, un côté Ghetto…

La Stud : Tu donnes des noms de quartier aussi à tes tracks. Je pense à « Sormiou » et « Cayolle HC ». Ils représentent quoi pour toi?

Searaime : Sormiou tout simplement j’y vis. La photo de l’EP, c’est un spot en haut de Sormiou. On y voit l’ile de Riou. J’étais parti avec ma soeur, un soir de brume. Il y avait une ambiance assez particulière. Ce quartier c’est tout simplement chez moi. La Cayolle c’est juste à côté. C’est une cité qui a fait parler d’elle comme un endroit plutot craignos.

La Stud : En parlant de chez toi justement, tu as un studio à la maison. C’est un gros avantage pour toi ?  C’est pas dur de s’y mettre sérieusement ?

Searaime : C’est quand même bien, c’est un luxe. Après c’est vrai que t’es vite tenté par des conneries chez toi. C’est parfois dur de couper. Je préférerais je pense avoir un studio ailleurs et partir y travailler pour m’immerger dans le studio.
Pour autant, cela demande des moyens donc pour l’instant je reste en Home Studio, ça me va très bien.

La Stud : D’ailleurs t’es dans la musique à plein temps maintenant ?

Searaime : J’ai été ingénieur pendant 4 ans, ce qui m’a permis de financer mon studio. J’ai pu vraiment me mettre à fond dans la musique quand j’ai arrété ce travail. Grâce au chomâge comme tous [Rires] !! Là étant donné que j’arrive à la fin de mon chomage et pour avoir une stabilité financière, je commence à être prof de Maths en collège. C’est cool parce que ça me plaît. Avant, je taffais comme ingénieur dans des bureaux, j’aimais pas ça, j’avais besoin d’un truc avec plus d’interactions sociales.

La Stud : D’ailleurs dans ces tracks on entend tes influences. C’est volontaire ou inconscient?

Searaime : Je pense que c’est plus inconscient que volontaire. Quand on crée un morceau, on passe à travers une multitudes de choix. On prend des décisions et on s’arrête quand ça nous plait. Donc indirectement on est influencé par ce qu’on aime.

La Stud : On te voit sur pas mal de Line Up avant le Métaphore Collectif. On te croise parfois meme à l’entrée de leurs soirée.  Quel est ton lien avec eux ?

Searaime : Déjà il y a « Empire State ». C’est la première sortie du Label « Metaphore Industrie » qui va sortir fin mai. Je suis membre de ce groupe avec Simon Fernandez et Jean Redondo.
Ce projet est assez particulier. On est potes depuis longtemps, on a eu une date pour un live un jour. Ce qui nous a donné l’occasion de travailler en format « Groupe » et donc assez loin de ce qu’on a l’habitude de faire. C’est d’ailleurs la volonté du groupe de ne pas faire de la musique qu’on fait déjà dans nos projets solo. Il y a un chanteur, j’ai repris ma basse que j’utilisais au lycée et un set up hardware de musique électronique. C’était un moyen de se retrouver ensemble et de travailler sur un projet différent plus Indus, Punk, EBM , New Wave etc…

La Stud : Avec Israfil, Shlagga ou Donarra tu vas avoir des co-créations ? Est ce que tu te retrouves musicalement parlant avec eux ?

Searaime : Des co-créations non. Je me retrouve musicalement avec eux. Ils ont de bons goûts. Ils arrivent bien à dénicher ce qui marchera demain. Musicalement, ils sont assez avant-gardistes je trouve. A la base c’est des DJ’s et organisateurs de soirées mais ils préparent de belles prods.
J’ai vu leur dernier live « deuil1500 », j’ai vraiment adoré. Ils se sont approprié plusieurs styles. C’est une sorte Black Métal très ralenti. J’ai trouvé ça très intéressant. On a prit des chemins très différents, ils ont une grosse expérience Club grâce à toutes les dates qu’ils font. Ils arrivent avec des prods’ bien bien solides ! Donarra lui aussi a une bonne vibe électro, là il commence un projet Indus. Il a une grosse énergie et pareil, une belle expérience club.

La Stud : Meta, smoky, E&P, Lemme… 
Marseille a toutes ses chances de briller ?

Searaime : Y a de belles choses ouais. De quoi tout rafaler ahah !
Dans mon entourage proche, il y aussi de grosses releases à venir. Sur le prochain Various de BFDM, Jean Redondo a préparé une sacrée track « Gen ». Il a déjà eu de très bons feedbacks.
Simon Fernandez aussi prépare en scred un gros LP sur le label d’UVB. Pour ceux qui aiment bien la Techno ça va vous plaire ! C’est pas que Techno en plus.

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