« J’essaie de me casser » Lomepal en interview !

« J’essaie de me casser » Lomepal en interview !

Lomepal, Antoine de son prénom a fait une entrée fracassante dans les « tops écoutes »de nos téléphones en 2012 avec le projet « Le Singe Fume Sa Cigarette ». Depuis, il y a eu 4 EP’s et plus récemment un album : « Flip » dont on vous a parlé plusieurs fois.

A l’occasion du Dour Festival, nous avons discuté tranquillement de son dernier album. Surprise, notre ami belge Roméo Elvis a même fait un passage éclair !

L'interview

La Stud : Salut Lomepal, on t’avait déjà interviewé mais il y a longtemps, ça fait plaisir de se revoir enfin, comment vas-tu?

Lomepal : Et ben, ça va super bien, même méga bien, on aime bien dire “méga” en ce moment donc méga bien !

 

La Stud :On avait eu la chance de t’interviewer juste après la sortie de ton EP “Majesté”, tu as sorti 2 projets depuis.

Lomepal : J’ai sorti un projet, mais vu qu’il a mit longtemps à sortir, j’ai sorti 3 prouts avant : En vrai, je les aime bien, mais c’est des rejets, ceux que je ne voulais pas dans l’album.

 

La Stud : Aussi, un album très récemment qui cartonne, est-ce que ta place dans le rap français a changé?

Lomepal : De toutes façons, j’essaie de me casser, de partir loin de ce milieu très limité qu’est le rap. Avec cet album je montre des choses, c’est bien je suis en train de construire ma fusée.

J’espère que dans le prochain album je serai très loin de tout ça parce que ça ne m’intéresse pas du tout. J’ai envie de faire de la musique, de créer mon univers, être dans la même cour que les autres ne m’intéresse pas.

 

La Stud : On a remarqué que t’as un peu changé de sujet dans tes textes, par rapport au « singe fume sa cigarette » par exemple, ou tu rappais ta vie de « galérien », tu parles plus d’amour et de meuf maintenant, pourquoi?

Lomepal : Si tu regarde bien, en réalité t’es beaucoup plus vulnérable à parler d’amour, de tes sentiments, de ce que tu es et de ton histoire qu’à se placer dans la revendication, dans la tristesse etc.. C’est des thèmes qui sont super évidents et très utilisés dans le rap. C’est facile de commencer en disant “ça va pas”, “j’ai envie d’aller mieux”, “tout marche mal”, “j’suis le meilleur” : c’est comme des thèmes de prédilection.

C’est déjà plus dur de dire “Waw j’ai envie de danser avec cette fille, elle est belle”, “j’ai beaucoup d’amour pour mes frères”, “j’ai envie de faire un bisous à mon pote” en réalité tu passes à un grade au-dessus tu t’affranchis des codes du rap français voire du hip-hop de manière générale.

La Stud : Tu peux nous expliquer le concept de ta pochette?

Lomepal : Je savais que l’album allait s’appeler “Flip” et je ne voulais pas de Skate sur la pochette.

En fait, j’ai regardé un clip de Mac de Marco que j’aimais bien qui s’appelle “My Kind of Woman“ dedans il se maquille en femme, c’est mal fait, c’est pas logique du tout, il se maquille très mal. Je trouvais trop stylé, j’aimais le concept du mauvais travesti.

Si j’avais été bien maquillé ça n’aurait pas eu le même effet, le fait d’avoir pleuré, d’avoir les larmes qui ontt coulé, d’avoir ce regard à moitié souriant, un peu perdu, on ne sait pas trop.

Cela va bien avec l’album, et il y a le truc de Flip avec un changement de direction, de sexe, de personnalité. je trouvais que c’était le meilleur moyen d’illustrer ça et grâce à Regular on a pu aller jusqu’au bout.

 

La Stud : J’avais une petite question à ajouter : C’est le maquillage qui coule seulement ou tu as un coquard?

Lomepal : C’est le maquillage, faut laisser les femmes tranquilles avec les coups de poings !

La Stud : Tes textes ont une allure très poétique quand même, quand je t’écoute j’ai l’impression de lire un poème de Rimbaud, le fait d’être torturé un peu, c’est le genre de textes dont tu peux t’inspirer par exemples ?

Lomepal : Franchement, c’est difficile de dire ce que je vais dire sans faire le mec “nanana je suis différent” ou le miskin, c’est juste un fait avec lequel je vie très bien mais dont je suis pas fier : j’ai pas lu un livre depuis Harry Potter.

Je sais que c’est un domaine artistique hyper intéressant, je m’y pencherai plus tard mais je n’ai pas eu cette éducation sportive du cerveau qui m’a rapproché de la lecture

La Stud : Sans compter le bonus, Tu termine ton album Avec ton morceau le plus noir « Sur le sol », c’est l’image que tu voulais imprimer dans la tête des gens qui l’écoutent?

Lomepal : Je pense pas que ce soit le morceau le plus noir, je le trouve même pas noir. Je dirai plutôt poignant, il finit bien ce morceau. Je trouvais qu’il clôturait bien l’album. Il n’était pas à cette position à la base, j’ai changé au dernier moment et pour moi c’était une manière de dire “voilà maintenant vous me connaissez”.

Je commence avec un titre hyper égotrip qui s’appelle “PalPal” où dedans je te dis plein de conneries mais j’essaie de dire des trucs cools, cela donne quelque chose d’hyper mélangé, ça n’a aucun sens : en un sens.

Terminer avec un morceau qui est tout l’opposé c’était cool.

 

La Stud : Dans cet album, tu raconte quoi comme histoire? Si tu devais mettre une ligne conductrice ce serait quoi?

Lomepal : Je ne raconte pas d’histoire, c’est ce que je dis toujours ! En interview on me demande souvent des détails sur mon histoire avec ma mère dans “Sur le sol” ou avec mon ex dans “Yeux disent” et “Bécane”

Je leur répond qu’on s’en fout, c’est pas intéressant de connaître la vie d’un artiste réellement, ce qui l’est c’est l’émotion qu’il arrive à transmettre grâce à ça, tu vois ce que je veux dire?

Grâce à mon passé qui a été parfois douloureux et parfois incroyablement cool, j’ai eu des émotions que je tente de transmettre.

J’ai eu une vie familiale compliquée, et ben “Sur le sol” je l’ai écrit super facilement, maintenant quand je la rappe et que les gens l’écoutent ça leur évoque des choses. Alors que si j’allais dans les détails ils se diraient “c’est pas mon histoire” et se sentiraient exclus, or c’est pas mon envie du tout.

Je veux que les gens se reconnaissent parce que l’émotion est connectable, l’émotion nous connecte et c’est ça qui est intéressant. L’émotion est au centre pas mon histoire.

Roméo Elvis : Tout le monde peut se reconnaître au final !

 

La Stud : Tu dis « mon moi du futur aurait voulu que je vive autrement », comment il aurait voulu te voir?

Lomepal : Dans ce son là, je parle vraiment comme mon moi de cette époque là, donc le moi du futur c’est le moi de maintenant. Donc j’aurais voulu ne pas vivre ces galères, ne pas souffrir et gérer une vie de malade à 13ans parce que je n’avais pas le choix.

Je n’aurais pas voulu vivre de crise parce que personne ne mérite de vivre ça, tout le monde à des problèmes sinon le monde irait très bien.

 

La Stud : Il y avait déjà pas mal de Skate dans cet album, pourquoi ajouter un skit ?

Lomepal : C’est un hommage aux vidéos de skate qui ont fait ma culture musicale pour la plupart. A l’ancienne j’étais fan de skateurs et ils avaient des parts. C’était hyper bien monté, les tricks étaient syncho avec la musique. Un accord de guitare et le skate tombait, une batterie et bam. C’était super bien pensé et vu qu’il n’y avait pas spotify et toutes ces connneries, je téléchargeais directement la part du gars, j’avais donc les bruits de skate et je trouvais ça agréable. Du coup j’ai voulu replacer ça en hommage.

 

La Stud : On a remarqué que 50% de tes featurings sont avec des belges, c’est la musique que tu écoute le plus en ce moment ?

Lomepal : C’est un pur hasard qui fait que parmi mes meilleurs potes il y a des types comme Elvis Roméo et Caballero !

 

La Stud : Du coup le morceau “Billet”, comment vous en êtes arrivé à Vo-coder Roméo, à faire un morceau de huit minutes tout ça ?

Roméo Elvis : C’est avant tout grâce au studio chez Pal

Lomepal : Studio de Chambre en effet ! On s’amusait

Roméo Elvis : C’est lui qui m’a dit “viens on met cet effet”, je ne l’aurais jamais fait tout seul.

Lomepal : Sans ce refrain on ne serait pas allé au bout de l’idée. C’est en référence aux années 80 c’est une prod’ qui se marie avec l’autotune, je suis très content d’avoir fait ça, sinon ça aurait manqué

Les 10 questions de La Stud avec Lomepal

Un artiste référence

-Julian Casablancas

 

Un album 

-”whatever people say i am, That’s what i’m not” des Artic Monkeys dans le genre album où tout est incroyable.

 

Un film 

“They call me Jeeg Robot” un film de robots italiens

 

Un super-héro

-Jeeg Robot

 

La colaboration la plus improbable

-je suis ouvert à tout en vrai

Roméo : Une meuf qui a gagné la nouvelle star

-Si j’ai le droit d’inventer je fais un son avec une grenouille direct moi

 

Une bière

-Une bonne Duvel pour la force, elle est presque humaine, elle a la rage

 

La femme de tes rêves :

-Je l’ai pas encore trouvé

 

Un chauve qui t’a marqué

-Le professeur X j’ai toujours trouvé qu’il lui manquait quelque chose, de la trempe !

 

Le spot de tes rêves

-Cheb Chaib au Maroc

 

Une blague

-Vous savez comment on appelle un arabe dans l’espace?

Un astronaute, vous êtes racistes ou quoi?

Fermer le menu