« C’était La Frappe ! » – Immersion au sein du Collectif [Part.1]

« C’était La Frappe ! » – Immersion au sein du Collectif [Part.1]

“La Frappe” est le fruit d’un travail collectif entre Marsatac et 4 structures locales : La Stud, Twerkistan, Synergie Family et Only Pro. Nous avons réalisé des interviews lors de Marsatac pour en apprendre davantage sur chaque artiste.

Dans ce premier article, nous avons regroupé les interviews de Drastiques Mesures, STLR, Jeem, Dirlo et Mina.

Charlie Delta

Drastiques Mesures

La Stud : Salut Drastiques, pour commencer, ça vient d’où ton blaze ?

Drastiques Mesures : C’est une idée que j’avais eu, en fait j’avais le logo à la base en idée plus que le nom. En fait mon logo c’est une arme qui tire des confettis, et les douilles elles tombent dans une portée, ça fait des notes. Et Drastiques parce que la mesure elle est faite avec une arme c’est radical tu vois ?

Drastiques Mesures

La Stud : Tu pourrais te présenter ? Tu fais quoi exactement ?

Drastiques Mesures : J’ai un studio à Bouc Bel Air et je fais des instrus pour plusieurs artistes de Marseille : Dirlo, STLR, Jeem, Climako, Cookie, Bewz
A la base j’étais dans un groupe de musique, je faisais du clavier donc j’ai déjà pratiqué un peu le piano. J’ai pas un gros niveau non plus, j’ai pas fait des cours mais je me suis mis à la MAO petit à petit pour plus exploiter ma créativité qui était bridée dans le groupe. Du coup j’ai commencé et ça doit faire 5 ans peut être 6 ans que je fais des prods. Quand je fais une instru, je fais tout à 100 % que ce soit les drums, la basse… Du coup t’es libre quoi !

 

La Stud : T’as des inspirations particulières ?

Drastiques Mesures : J’ai beaucoup écouté de funk, en fait funk années 80 bien synthétisée avec des vocals assez fous, j’ai toujours bien aimé ça ! Après j’écoutais de Juke, beaucoup DJ Rashad. J’étais vachement influencé par ce mouvement.
Après actuellement j’écoute pas beaucoup de musique, j’écoute quasiment rien. J’écoute ce qui sort un peu, j’ai écouté le Tyler qui est sorti, les Playboi Carti aussi, je me tiens au courant. Même le Skepta, le dernier, il est incroyable ! Skepta de ouf, grosse inspiration mais sinon j’écoute pas plus de sons que ça.

 

La Stud : Si tu devais conseiller un de tes sons à la personne qui va lire ses lignes ?

Drastiques Mesures : Parmi les trucs qui sont sortis il n’y a pas grand-chose dont je sois entièrement satisfait honnêtement. Il y a un projet avec Climako qui va sortir bientôt, j’suis plutôt content. Après les nouveaux projets qui vont arriver dont je suis satisfait, il y STLR qui va sortir ça bientôt. Des clips qui vont sortir, dirlo tout ça, il y des sons qui arrivent et j’en suis satisfait

En fait, c’est quand ça vieilli. T’es toujours moins satisfait de ce que t’as fait avant, c’est mélancolique un peu parce que t’es nostalgique de la période dans laquelle tu l’as faite mais en vrai t’es plus vraiment satisfait de toi.

 

La Stud : Le fait de jouer à Marsatac, ça représente quoi pour toi ?

Drastiques Mesures : Marsatac c’est le truc le plus gros auquel on peut accéder pour le moment donc c’est un aboutissement même si on n’est pas sur la line up , c’est une petite scène. Mais ça a eu son impact donc je suis satisfait ça dépendait de l’impact que ça aurait eu, parce que si on était arrivé et que ça avait été un flop on l’aurait pas ressenti pareil ! Là au contraire ça a bien marché donc j’suis content. Tu vois se mettre devant les platines et faire un cordon de sécurité nous-même le premier soir, c’était une grosse ambiance ! *rires*

 

 

STLR

Charlie Delta

La Stud : Salut STLR, pour commencer, ça vient d’où ton blaze ?

STLR : Ça vient des étoiles mon gars, franchement à une époque je m’appelais NMP quand j’étais plus jeune. J’ai commencé très jeune à faire du rap, genre à 10 ans. Au début je m’appelais NMP, ça veut dire nique mon père. A l’époque, j’étais très personnel dans mon rap je parlais beaucoup de ma vie personnelle et du jour au lendemain, dès que j’ai commencé à faire plus d’égo trip et partir plus vers quelque chose d’universel, j’ai cherché un nouveau blaze et à cette époque là j’étais très branché astronomie. J’ai commencé à fumer des joints, à boire et c’est STLR qui est venu. Je voulais un blaze original, !  Je cherchais un blaze court à l’écriture mais qui voulait dire quelque chose donc j’ai cherché à faire ça et ça a donné STLR

 

La Stud : A quel moment tu t’es dit je vais passer d’un rap plus personnel à un rap plus égotrip ?

STLR : Je pense que c’est un moment de ma vie qui a fait ça en fait. J’ai toujours fait du rap mais j’ai jamais eu la prétention d’être rappeur, je pense que c’est à partir du moment où j’ai eu la prétention de faire ça de ma vie que là j’ai décidé de changer ma manière de faire. Je pense que c’est une prétention, tu fais du rap avec prétention tout simplement. J’avais pas cette prétention avant je disais ce que j’avais à dire.

 

La Stud : Et t’as pas envie de reprendre des phases d’avant ?

STLR : Mais je le fais ! Dans mes textes, il y a beaucoup d’égo trip mais je vais essayer de toucher sur une phase ou quelques phases dans mon son qui vont faire réfléchir, qui vont structurer le fond de ma pensée même si ça part dans tous les sens il y a quelque chose.

La Stud : Tu penses qu’à un moment donné tu vas revenir à un style plus personnel ?

STLR : Ouais c’est prévu, tout est calculé. J’aimerai revenir vers du personnel mais je pense que pour aller vers du personnel, il faut d’abord taper large, réussir à se faire un public et ensuite leur parler de toi. Regarde des gens comme Lomepal, beaucoup de gens vont lui reprocher de beaucoup chanter, de partir vers de la pop, de la variété… Le mec de base il adore ça, moi je vois Lomepal comme un gars qui fait du skate, qui a écouté du rock, il a commencé à faire du rap et maintenant qu’il a un public il peut leur servir ce qu’il veut, ce qu’il a envie ! 
J’aime bien servir ce que je sers maintenant, mais je sais qu’à partir du moment où j’aurais un public je pourrais leur envoyer tout ce que je veux ! Là je me dis que je vais toucher personne avec ça, vaut mieux le garder en moi et le servir quand ça servira à quelque chose.

 

La Stud : A partir de quand tu as commencé à mettre des sons en ligne ?

STLR : C’est à partir de quand j’ai rencontré Drastiques, il y a 3 ans et demi maintenant. J’avais déjà fait du studio, beaucoup de freestyles et c’est venu tout seul. C’est surtout le fait d’être venu à Marseille, c’est ce qui a changé la donne parce que je viens de Brignoles. A Marseille, c’est possible d’envisager le truc

 

La Stud : Et ça explique tous les graffitis STLR près de Saint Loup ?

STLR : Faut que j’arrête de boire trop d’alcool et que mes potes oublient plus leur bombe de tag dans la voiture. *rires*

 

La Stud : Plus sérieusement, t’as des inspirations particulières ?

STLR : J’écoute de tout ! De base j’ai kiffé le rap mais avec ma mère et mes sœurs on écoute de tout ! Du Michael Jackson, du Ray Charles, du Franck Sinatra, du Balavoine… Franchement je suis beaucoup inspiré par la variété française.

 

La Stud : Si tu devais conseiller un de tes sons à la personne qui va lire ses lignes ?

STLR : Coma !
Sinon j’ai sorti Métal Rosé il y a pas longtemps. C’est le premier G, c’est pas des grammes c’est des G en aéronautique, que tu prends quand t’accélères ! IL y a le deuxième G qui va sortir bientôt il s’appelle RFID, il y a un troisième G qui va sortir, le quatrième qui va sortir et qui sera extrait d’un projet, ce sera la fin des G et le projet arrivera derrière !

La Stud : Le fait de jouer à Marsatac, ça représente quoi pour toi ?

STLR : C’est un expérience en plus. C’est quelque chose de plus gros que tout ce que j’ai fait avant. Après c’est pas une scène de fou j’suis pas sur la grande scène. Si j’étais sur la grande scène je t’aurais pas dit la même chose tu vois ce que je veux dire ?
C’est cool il y a du monde, c’est un gros festival, il y a un gros dispositif. En backstage c’est quelque chose, croiser des gros je me sens comme si je faisais l’aventure Fifa *rires* T’es là dans les vestiaires, tu croises Cristiano Ronaldo, ben là c’est pareil tu croises Alpha Wann . Ça fait plaisir de vivre ce genre d’expérience et de se dire que ça peut que aller de l’avant après ça !

 

Jeem

Charlie Delta

La Stud : Salut Jeem, pour commencer, ça vient d’où ton blaze ?

Jeem : Alors je m’appelle Jérémy, on m’a donné plusieurs surnoms, on m’a appelé Jérem on m’a appelé Mimi et j’ai choisi Jeem, j’ai enlevé le « r » et le « y ». Tous mes gars ils m’appellent comme ça maintenant. Au début j’ai galéré à trouver un blaze gros ! Au début c’était KR, après Jerem, puis j’ai gardé Jeem.

 

La Stud : Tu pourrais te présenter ? Tu fais quoi exactement ?

Jeem : Ça va faire 2 ans et demi, presque 3 ans que j’rappe. J’ai commencé avec le Money Maker Clan d’ailleurs j’suis toujours dedans avec Bobba Ash, Dil, tout ça… Après à l’extérieur, j’ai fait la connexion avec le Drastiques Gang avec qui je travaille souvent.

 

La Stud : T’as des inspirations particulières ?

Jeem : En rap, les mecs qui m’inspirent c’est les anglais. Dans le délire grime genre ces anglais là, la grill, le grime etc… Après j’suis beaucoup influencé par la musique électronique, j’suis amoureux de tout ça les Daft Punk, la techno… J’adore la techno en général, sinon j’ai écouté beaucoup de rock aussi beaucoup de rocks un peu alternatif en mode Gorillaz, Shaka Ponk… J’ai plein d’influences en fait. En gros, les 3 influences à retenir, c’est le grime, le rock et la musique électronique !

 

La Stud : Petite question perso, Counter Strike ça représente quoi pour toi ?

Jeem : Waw, déjà de un c’est le meilleur jeu de tir de tous les temps. De deux, c’est un jeu qui a marqué ma vie à une période où je me suis retrouvé seul à jouer H24 et à écouter du son. Counter Strike je l’associe à un peu à la découverte de la musique sur Internet. Je jouais à CS et j’écoutais des sons. J’ai grandi avec Skyrock dans les oreilles, j’avais déjà une petite chaine Hi FI et toute la journée je jouais aux jeux vidéos et j’écoutais tout ce qui passait à la radio. Jusqu’au jour où il y a Internet qui est arrivé à la maison et après là ça a été la révolution ! Là je me suis motivé à jouer pour passer Global ou Eagle, un truc de ouf sauf que tu vois les personnes qui jouent avec moi, elles suivent pas. En général je tombe soit sur des trous du cul soit c’est moi qui fait de la merde ou mes gars donc le rang il monte pas tu connais… Quand t’es dans la galère avec tes potes c’est jusqu’à la fin, même sur Counter Strike *rires*

 

La Stud : Si tu devais conseiller un de tes sons à la personne qui va lire ses lignes ?

Jeem : Un son en particulier en sachant que là je vais balancer des nouveaux bails, je vais balancer durant la période du Marsatac. J’ai des sons en feat qui ont beaucoup plus marché que mes sons en solo mais le son à écouter vraiment pour essayer de capter l’univers, c’est mon premier clip solo c’est Tesla.
Je vais balancer une tape solo avec Drastiques, je vais retourner sur les réseaux, je vais balancer ma tape, j’ai 3 clips avec MMC en préparation j’ai eu pendant 5/6 mois, je me suis un peu laissé aller et Marsatac c’est un bon prétexte pour repartir !

La Stud : Le fait de jouer à Marsatac, ça représente quoi pour toi ?

Jeem : C’est cool, même si c’est un petit plateau, ça fait plaisir ! D’habitude je paie ma place, je me contente d’aller voir les artistes et là on va être dans les loges.

Ça fait plaisir de voir qu’à un moment la musique ça paie , la musique elle revient toujours en moi ! Je m’oblige pas à la faire mais ça revient, je fais de la musique par passion et parce que je trouve que comme dans les jeux vidéos il y a un côté technique à la chose, un peu un esprit de compétition et puis je fais ça pour rencontrer des gens, faire des projets !

Dirlo

Charlie Delta

La Stud : Salut Dirlo, pour commencer, ça vient d’où ton blaze ?

Dirlo : C’est le directeur ! Parce que je suis autoritaire.

 

La Stud : Tu pourrais te présenter ? Tu fais quoi exactement ?

Dirlo : Ça fait 5-6 ans. J’ai rencontré Drastiques Mesures il y a 2 ans et on a bossé un projet et on taffe ensemble depuis.

 

La Stud : T’as des inspirations particulières ?

Dirlo : Drastiques Mesures.
Après j’écoute comme tout le monde du rap français. Skepta, je kiffe skepta à fond :  Il y a une meuf aussi qui est bien : Yelle ! Nan sérieux, je rigole même pas en plus ! Franchement je kiffe bien Skepta, je trouve qu’il est au-dessus de tout ça tu vois ? Je sais pas pourquoi en plus, je comprends pas trop l’anglais mais le personnage, les clips qu’il sort même si c’est des trucs qui ont déjà été fait ou des trucs ultra simple il est au dessus, au niveau visuel c’est fort !

 

La Stud : Si tu devais conseiller un de tes sons à la personne qui va lire ses lignes ?

Dirlo : Si c’est une meuf va écouter Crush, même si c’est un gars en fait ! Va écouter Crush en vrai parce que c’est le plus lisse, tu peux glisser dessus et après dériver sur les autres sons de mon projet « Pardonnez l’insolence Volume 3 », toujours disponible sur toutes les plateformes ! Allez ici, ça va pas durer toute la vie d’ailleurs profitez en c’est 5 ans !
Sinon j’ai sorti un clip Gentil ou Méchant, ça c’est plus un aboutissement tu vois ? On a sorti des clips avant ça c’était Zip et Mahefoqueur. C’était Pardonnez l’insolence Volume 3, là on passe à autre chose et pour marquer le fait qu’on passe à autre chose, sans vraiment en faire tout un foin on a sorti ce clip. On l’a réalisé avec Marty d’ailleurs c’est lui qui l’a monté et réalisé ! Big up à Arthur aussi !

La Stud : Le fait de jouer à Marsatac, ça représente quoi pour toi ?

Dirlo : Mine de rien ouais, je vais pas faire la fleur bleue ou quoi mais en vrai tu vois ça fait plaisir !  C’est des lieux où j’allais, c’est des artistes qui passent, le premier rappeur vraiment que j’ai poncé c’est Orelsan par exemple ! Il joue ici, c’est quand même quelque chose en vrai, ça me gratifie.

 

La Stud : Et pour la suite il y quoi de beau ?

Dirlo : Des projets, des sons qui vont sortir bientôt, tu veux savoir ? Je vais sortir tellement de la bonne qualité, du bon son, des bons clips, on va tourner aussi alors rendez-vous sur scène !

 

Mina

Charlie Delta

La Stud : Salut Mina, pour commencer, ça vient d’où ton blaze ?

Mina : C’est très perso, c’est le nom de ma grand-mère Aminata.

 

La Stud : Tu pourrais te présenter ? Tu fais quoi exactement ?

Mina : Je fais de la musique depuis que je suis toute petite, je chante depuis toujours. J’ai appris toute seule !
J’ai plusieurs projets, un projet avec LZA en producteur et Yeuze Low. Ça s’appelle Jackie BB, ça c’est des projets qui vont sortir en français.
Ensuite j’ai mes projets persos sous le blaze de Mina Kae Brown qui sont des projets en anglais et là mes influences sont clairement Soul, R’n’B, Hip Hop, Jazz…

 

La Stud : T’as des inspirations particulières ?

Mina : Erykah badu, des artistes Jazz très classiques comme Billie Holiday, Nina Simone, Charlie Parker. Après actuellement tout ce qui est Tyler, The Creator, Mac Miller !

Charlie Delta
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