Les Albums Rap de la Rédac’ #5 – Mars 2019
Crédit : Faustine Pauvarel

Les Albums Rap de la Rédac’ #5 – Mars 2019

Dans cet article, les différents membres de la rédaction sont ici pour discuter du ou des albums de rap qu’ils ont le plus écouté au cours du mois. L’occasion de découvrir des projets ou de s’y replonger.

(Pour en découvrir d’avantage cliquez sur les mots surlignés et en gras, ils vous redirigeront vers des liens)

Le Zin

Infinit’ - Ma vie est un film II

Originaire d’Antibes, Infinit’ a fait ses armes avec le collectif En Bas Fondation, puis ses preuves en se montrant présent sur plusieurs albums tels que Les Gros Mots de Greg Frite, Fin d’après minuit de Deen Burbigo, ou encore Vu des Blocks de Vincenzo.
Cette sorte d’esthète vantard, promeut à travers ses morceaux, la culture de la rime et délivre un phrasé que seuls les initiés à ce style particulier de l’école du 06 peuvent comprendre (Veust, Sako…)

On le reconnaît notamment avec sa fameuse gimmick (“Ziiin”) qu’il place à tout bout de champ sans pour autant lasser l’auditeur.

Son projet, sorti le 27 mars dernier,  est la continuité du première opus Ma Vie est un Film I, paru en 2013.

Entre temps on a pu écouter le désormais classique NSMLM et Ma version des faits (première mixtape “officielle” sortie en 2018).

Alpha Wann, Veust et Barry sont les 3 rappeurs que l’on retrouve sur cet album comme sur Ma version des faits.

En plus, sur ce projet de 2020, il y aussi Deen Burbigo, Gros Mo, KSA & YESHE. Bref, un album fait en famille avec ses zins du sud et de Paname :

  • Programme a des airs de Josman dans la musicalité
  • Il étale toute sa technique comme s’il était dans un freestyle sur 1.5
  • On s’connait pas en featuring avec le perpignanais Gros Mo 
  • Télescope rappé à voix basse, pour montrer à quel point il est à l’aise avec n’importe quel flow, sous n’importe quelle forme.

Coups de coeur : Infiniment, Cigarette de 2 Haine (comme tout le monde), Redbull

Mac

Joke/Ateyaba - Kyoto

2012. C’est dans ces eaux-là que je découvre Joke (maintenant Ateyaba mais je l’appellerais Joke tout au long de l’article car, selon moi, les deux artistes sont foncièrement différents) en me prenant une claque sur Ofive TV en tombant par hasard sur le clip de MTP Anthem. Le son m’interpelle, dans cette période de transition ou le rap français se cherche encore, entre émergence de la trap et impossibilité de l’abandon du rap conscient, Joke surgit.

“Le rap français sort d’un quasi-sommeil” énonce Joke dans ce morceau.

Cette phrase a fait écho en moi assez frontalement et j’ai décidé de creuser un peu plus dans la direction du montpelliérain. Je découvre avec joie qu’il était signé chez Teki Latex, ce qui me conforte dans mon idée que cet artiste est à part. Je plonge donc dans Kyoto, son premier “vrai” EP de 11 titres chez Golden Eye Music

Trap futuriste pour l’époque, avance indéniable dont il sait s’en vanter,un Bac S sans réviser en poche, et la présence de deux énormes noms que sont Niro et Mac Tyer sur l’excellentissime remix de Scorpion, Joke a tout pour devenir un géant du rap français. Que ce soit de par son style de flow, ses prods, ou encore ses visuels : on se souviendra tous du clip du son éponyme de son EP, Kyoto (produit par Myth Syzer s’il vous plaît), avec son inspiration très ricaine, ton violet comme la lean, bref Joke est en avance et il le sait, et cela est primordial pour un rappeur venant de “province” au moment ou le rap français était encore divisé entre Paris et Marseille.

Pour réussir à bien cerner le personnage, je vous conseille d’aller fouiller sur Youtube pour trouver ses projets antérieurs à Kyoto (dont son feat avec Action Bronson, excusez du peu) pour (re)découvrir le vrai Joke, celui qui ne part pas dans des clashs sans fins sur Twitter ou qui fait attendre 4 ans ses fans pour un album..

Crépépé

Laylow - TRINITY

Le 27 février dernier, Laylow a sorti son album TRINITY. Le projet a beaucoup tourné et a fait parlé de lui, à juste titre !
Laylow nous propose là son projet le plus aboutit. A mon sens, il s’agit même d’un des albums les plus importants du début d’année 2020 et peut-être même de l’année 2020, l’avenir nous le dira !

Je n’avais pas été vraiment hypé par les premiers morceaux destinés à teaser l’album comme MEGATRON ou TRINITYVILLE. Les clips étaient toutefois impressionnants et marquants, une marque de fabrique chez Laylow.
C’est en écoutant le projet que j’ai réalisé qu’on n’avait pas affaire à un album « lambda » mais bien à une œuvre travaillée, réfléchie, construite et destinée à s’écouter entièrement.

Que ce soit en terme de sonorités, d’univers, de textes ou bien de l’histoire même, l’album est cohérent de A à Z. Les feats sont nombreux (S Pri Noir, Jok’air, Alpha Wann, Lomepal et Wit.) mais réussissent à s’insérer parfaitement dans le projet TRINITY.

En véritable orfèvre du son, Laylow nous a assemblé un bijou magnifique et profond. En effet, il entreprend de développer des thématiques de virtualité, d’excès, d’Amour et de passion, le tout sur une musique et une sonorité totalement maîtrisée.

Dehors dans la night est un de mes morceaux préférés, très mélancolique mais les basses utilisées feront trembler les plus solide de vos murs. La transition dans le morceau au bout de 2 minutes m’emporte à chaque fois.

« J’ai toujours la dalle comme à l’époque où j’rappais moins bien qu’eux » dit-il dans PIRANHA BABY.

Et c’est bien le morceau …DE BATARD qui vient corroborer ce propos. En effet, un storytelling oldschool, par Laylow et Wit. ? Je ne m’y attendais absolument pas.

Le genre du storytelling a été énormément utilisé à l’ancienne. On en voit moins à l’heure actuelle et c’est sûrement du fait qu’il est difficile d’apporter de la nouveauté sur cet exercice de style complexe.

Laylow et Wit. signent ici ma deuxième pépite de l’album. Laylow maîtrise totalement son flow et ses changements de voix (presque à la Alpha Wann dans Olive et Tom), puis Wit. sublime sur le dernier couplet marquant la fin d’un des morceaux phares du projet.

Bref Laylow sait tout faire, il n’a plus rien à prouver et ça va continuer de tourner sur mon PC tant que je serai confiné, et sûrement après !

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