Les Incontournables du Zin #1
Crédit : Charlie Delta / IG : @charliedelaforet

Les Incontournables du Zin #1

Pour cette première édition des Incontournables du Zin, j’ai choisi 10 morceaux entre 1995 et 2010. Histoire de faire un petit retour en arrière sur ce qui se faisait de mieux dans l’Hexagone avant le second souffle du rap cefran.

Time Bomb - Time Bomb explose ! (1996)

Comme le dirait Booba plus de 20 ans plus tard : Comme toi j’suis que d’passage, et ce passage sur la scène rap du label Time Bomb n’aura été que très court (entre 1995 et 1997).
Le collectif que l’on pourrait qualifier d’Avengers de la rime avec un tel casting : Lunatic, Oxmo, X-Men, Hifi pour ne citer qu’eux, n’ont pas eu besoin de plus de 2 ans pour laisser une trace indélébile dans le paysage du rap français.

Ce morceau a fait office de carte de visite au vivier de talents de la région parisienne. On sent l’émulation qui leur a permis de par la suite, tous voler de leur propre plume, d’arracher le micro aux wack emcees des open mic de l’époque.

IAM - Bouger la tête (1997)

Impossible de parler de classiques sans citer un des sons issu du monument “L’école du micro d’argent”.

Shurik’n scandant : “le hip hop impose son dogme ”, et cette phase résonne plus de 20 ans plus tard comme une prophétie,  l’épreuve du temps n’a fait que le prouver. Notre culture prend de plus en plus de poids dans la société.. et si l’auditeur agite frénétiquement sa tête au son de la grosse caisse : “L’essentiel est là” comme affirme A.K.H.

Chiens de Paille - Maudits soient les yeux fermés (1998)

Sako est connu pour sa fine plume, Hal lui pour ses beats emplis de mélancolie… Et c’est bien dans leur domaine de prédilection que l’alchimie prend forme dans le fond.

Un bref échange téléphonique entre Chill et le rappeur de Chiens de Paille introduit le morceau. “Maudits soient les yeux fermés” est le morceau qui a permis au groupe de Cannes de se faire connaître du grand public. Les grands sons durent.

Mo’vez Lang - À neuf ans déjà (1999)

Premier morceau solo sur l’album “Héritiers de la rue” du groupe de Boulogne, on sent arriver le rap crapuleux de L.I.M. du fin fond de nos casques.

Sur une prod de Monsieur Melopheelo (producteur des Sages Po’, Démocrates D…), le rappeur qui t’engraine à aller péta son propre skeud, crache tout ce qu’il a sur le cœur en 5 min, entrecoupé seulement d’un sample de “La vie est pleine de surprises”, autre classique de l’album.

Lunatic - Intro (2000)

En guise de porte d’entrée dans l’indétrônable “Mauvais Oeil” on entend la musique de Joan Pau Verdier, ​que Animalsons (producteur majeur de Temps mort) a samplé. Cet air menaçant donne le ton de ce qu’est cet album : une oeuvre crue dans laquelle les 2 compères du 9.2 viennent croiser le fer, défendant 2 visions de ce monde, et pourtant l’osmose est flagrante.

Rocca - R.A.P (2001)

3 lettres qui en disent beaucoup sur ce qu’est cette musique : pour certain “Rythm And Poetry”, “Rien À Perdre” pour d’autre, ou encore “Rimes and Progress”.

Pour Rocca cet art est sa raison d’être, sa religion, bref ce qui le définit. Il a décidé de cracher toute sa passion dans l’anti- pop,  tout ça en une prise, et avec une petite impro en prime : Respeto al Parcero !

113 - On roule, on rôde ft. Don Choa & Le Rat Luciano (2002)

Impossible de parler de rap français des années 2000 sans citer le 113 ainsi que la FF. On retrouve sur ce classique Don Cho et Le Rat aux côtés de Rim’K et A.P.

En plus de ce casting de luxe derrière le micro, on retrouve le grand DJ Mehdi aux machines. Avant-gardiste pour certains, visionnaire pour d’autres, il a laissé tout un héritage à la musique. “Viens on sample Ideal J pour se rappeler à quel point DJ Mehdi était grand rappera Youssoupha 10 ans plus tard.

Sniper - Panam All Starz ft. beaucoup trop de monde (2003)

Le concept est simple, un binôme de chaque département d’Ile de France est invité à donner le meilleur de lui-même pour représenter son code postal.

On y retrouve tous les grands noms de l’époque : entre autre Tunisiano & Aketo pour le 9.5, Sinik & Diam’s pour le 91, Salif & Zoxea pour le 9.2. A chaque intermède, une voix grave vient faire monter la pression, pour chauffer la concurrence à défendre au mieux sa zone.

Nessbeal - Les larmes de ce monde (2006)

Quand un débat naît autour des fameux “rois sans couronne”, le blaze de Nessbeal revient souvent en boucle.

Sur une instru de Skaar (qui a produit “De larmes et de sang” de Dicidens, en feat avec Lunatic), le rappeur du 9.4 fait pleurer le stylo en citant tout un tas de faits miséreux au delà du bout de notre nez..
En vérité : ”Chaque coin du monde quand tout s’effondre on brûle tout pour dire que nous souffrons”, il nous rappelle que l’on est constamment dans la complaisance de notre situation, et que l’on ne pense jamais au fait qu’il y a toujours pire ailleurs.

Salif - R.U.E / Reflet d’Une Époque (2009)

“Le rappeur préféré de ton rappeur préféré”, Salif est principalement vu ainsi. Un artiste qui a donné envie de prendre le stylo, d’agripper le micro pour quitter la R.U.E.
Produit par Casa One (qui a apposé sa signature sur une flopée de tracks : de la Scred à Nakk, en passant par Kery James), c’est un texte fleuve que nous pose le Boulogne Boy, un son fidèle à l’homme : franc, sans concession.  Zoxea a eu l’oeil en le prenant sous son aile avec Beat de Boul.

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