Les Incontournables du Zin #2
Crédit : Charlie Delta / IG : @charliedelaforet

Les Incontournables du Zin #2

Seconde édition des Incontournables du Zin, où l’on passe en revu les meilleures tracks des 10 dernières années dans le rap français.. Purement subjectif bien sûr, mais toujours autant qualitatif.

1995 - La Source (2011)

Depuis le milieu des années 2000, le rap commençait à s’essouffler.. C’est sous l’impulsion de plusieurs jeunes parisiens que les balbutiements d’un second âge d’or va naître.

1995 a remis sur le devant de la scène les sources du hip hop : sample de jazz, des beats au rythme d’un battement de coeur, et un nombre incalculable d’assonances. La Source est le titre éponyme du 1er ep du posse sud parisien, une sorte de mise en pratique des skillz qu’ils ont appris des pères fondateurs du rap.

Furax - Qui m’demande (2011)

Le 2ème album solo de Barbarossa sera un chef d’oeuvre : un univers profondément noir et violent, accentué par des rimes glaçantes, tournées dans tous les sens.

Le membre grand roux et schizo des chiens à 3 pattes aime faire frissonner l’auditeur en incarnant une bête, à la fois attachante et effrayante : “Appelle moi l’animal sali.” Alors servez-vous un jaune, rajoutez des glaçons et roulez un bédo, parce que la croisade risque de durer..

Hugo TSR - Fenêtre sur rue (2012)

Titre éponyme du 4ème album du boss de Max Do, les thèmes sont variés, et notamment sur “Fenêtre sur rue”. La première fois que Hugo TSR s’essaie à l’épreuve du storytelling. Il invite son public à lâcher les yeux de sa télé pour observer son quartier, beaucoup plus ancré dans la réalité. Sa capacité à nous faire imaginer les scènes qu’il décrit en dit long sur son niveau d’écriture.

Guizmo - C’est tout (2012)

Sur une prod d’Igoom (beatmaker majeur du Guiz), le rappeur de Villeneuve La Garenne balance un  texte fleuve, qui deviendra sa signature sur chaque album qu’il s’efforce de sortir à un rythme soutenu (tous les 6 mois).
Connu pour coucher plus de multi’ sur le papier que de oinj’ tués sur le gravier, Guizmo est un rappeur bourré de talent, marqué à vif par son passé, il fait de ce cocktail un mélange à la fois explosif et cathartique : “J’ai déjà pensé à la fin pourtant j’en suis qu’au début, j’peux encore m’tenir debout et assumer mon débit”

Orelsan - Suicide social (2013)

Tout commence par une annonce funèbre : “Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence”. Orelsan y incarne une personne à bout de nerfs, l’anaphore “Adieu” accentue cette fatigue, ce dégoût du monde. Le rappeur de Caen vise absolument toutes les couches de cette société : “de la première dame au dernier trav’ du pays”. Son texte est inspiré du monologue d’Edward Norton dans “La 25ème heure.  Plus on avance dans le morceau, plus on ressent le doigt se presser contre la gâchette avec cette prod de Skread, et la montée en puissance de l’émotion dans la voix d’Orelsan.

JeanJass - Pippo Inzaghi (2014)

Un breakbeat bien gras, un sample jazzy et un flow nonchalant, la recette est simple mais efficace comme une escalope milanaise.
Le duo JeanJass & Le Seize maîtrise cette formule qui font de l’album “JeanJass Goldman” un classique, malgré son caractère peu accessible contrairement à ce qui suivra dans la carrière du gosse de Charlouz’. On vous laisse sur cette punchline incroyable afin de rapidement vous faire un avis : “J’suis comme la meilleure table : dans le fond je suis réservé”.

Lino - Suicide Commercial (2015)

Après 3 ans d’absence, le rappeur préféré de ton rappeur préféré revient avec un nouvel album (voir 10 ans vu que M. Bors boycotte son projet “Radio Bitume”, le considérant comme mauvais) : “Mon dernier disque c’était en 2005 j’suis toujours pas tombé du top 5”.
Avec toujours autant de médisance et de technique, le rappeur de Villiers Le Bel fait parler la poudre en crachant des grosses frappes à la seconde..Tsh Tsh !

Lomepal - Lucy ft. Népal & Doum’s (2017)

Le titre peut faire écho à 2 choses : soit le plus vieux fossile humain ayant été retrouvé, et donc Lomepal propose sa vision de l’évolution de l’espèce humaine. Ou alors on peut y voir une référence à une figure omniprésente dans l’album “To pimp a butterfly” de Kendrick Lamar (ici Lucy comme diminutif de Lucifer). Dans ce 2ème cas cela ferait le rapprochement avec ce refrain entêtant : “Baise le sy-sy-système t’aimes pas trop le 666 mais le 666 t’aime”.

Ce qui est le plus fort dans ce morceau est la transition d’instru pour marquer le passage de Lomepal à celui de Nepal & Doum’s, ou l’on assiste à un pass-pass mémorable entre les 2 rappeurs incontournables de la 75e Session.

Freeze Corleone - Sacrifice de Masse ft. Osirus Jack (2018)

Un des documents les plus confidentiels du dossier “Projet Blue Beam”.. On y retrouve tout un tas de références des plus sombres : S/o Bush, S/o JP Morgan et pas du tout S/o au réseau de Zandvoort. Son plus fidèle acolyte/prosélyte dans le complot, Osirus Jack vient rajouter  son grain d’sel dans ce son politiquement très incorrect, mais tout ça…R.a.f..

Alpha Wann - Langage Crypté (2018)

Attendu de pied ferme pour son 1er album (qui commençait à tarder après pas loin de 10 ans dans le rap français), le Don a livré un album que beaucoup considère déjà comme un classique. Sur “Langage crypté” on retrouve les codes de l’ancienne école mais remis au goût du jour. L’entourage d’Alpha Wann le surnomme “L’encyclopédie” et ça s’entend : “Le flow de 96, code 187 sur un rappeur qui a la côte.” Il sème un nombre incalculable de références, de flows venus tout droit des 4 coins des States.

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