« Les reptiles nous demandent de porter du cheval » Caballero et Jean Jass en interview

« Les reptiles nous demandent de porter du cheval » Caballero et Jean Jass en interview

Aujourd’hui on se retrouve pour notre première interview de l’année !

Cette fois-ci, c’est encore du rap, mais nous allons passer la frontière belge pour retrouver le duo à l’origine du projet Double Hélice : Jean Jass et Caballero.

L'interview

La Stud : Tout d’abord comment vous est venue l’idée de votre collaboration ?

Jean Jass : En fait on fait de la musique ensemble depuis très longtemps, ça ne s’est pas vraiment calculé. On travaille dans le même studio, on s’y est retrouvé un soir et on a enregistré Yessai. Puis, on trouvait qu’il y avait quelque chose, on voulait creuser un peu et accompagner cette sortie. Puis de fil en aiguille on a décidé de faire un projet commun.

La Stud : On se demandait aussi pourquoi ce titre « Double hélice ».

Jean Jass : C’est venu assez vite aussi. Tu vois à quoi ressemble un hélicoptère à double hélice? C’est un truc classe, qui a de la gueule.

Caballero : Puis y a une image aussi derrière ça, c’est aussi l’union des forces. Plus vite, plus haut, plus fort, on aime cette idée aussi.

Marty : Y a un lien avec l’ADN aussi non?

Caballero : On avait pas pensé à celle-là tu vois, bien qu’on soit des grands chimistes et scientifiques.

Jean Jass : On s’intéresse beaucoup à la mutation en effet, sans trop le savoir on est bien tombé.

La Stud : Est-ce que pour les sons comme « Rien de grave » vous vous inspirez directement de votre vécu?

Caballero : Ah oui ! Complétement perso, le Story Telling de rien de grave c’est du véridique. Je pense que pour JJ c’est pareil. Ce titre était le moment d’oublier les blagues et le côté humoristique des autres morceaux.

La Stud : Dans Verygolo Caba tu dis être « dans cette merde depuis Lunatic » tu voulais rapper depuis petit ?

Caballero : C’est pas quelque chose sur lequel j’ai planché en fait, c’est venu naturellement. Je me suis pas dit « j’ai envie de rapper », je l’ai fait directement.
J’ai commencé seul dans ma chambre, et c’était donc à une époque où j’écoutais beaucoup de Lunatic.

La Stud : Vous avez commencé vers quel âge ?

Jean Jass : C’était en 2003-2004, j’avais 14-15ans

Caballero : On peut dire que Jass a été très vite sur le terrain alors que moi j’expérimentais dans ma chambre tout seul. Pourtant on a commencé à peu près au même âge.

Jean Jass : Oui j’ai commencé la scène vraiment tôt. J’étais dans une MJ (Ndlr : Maison des Jeunes). J’ai pu faire des concerts en 2005 alors que j’avais trois couplets donc j’étais effectivement très tôt sur le terrain.

La Stud : Comme tu le dis tu as « grandi à Charlouze », Charleroi donc, il y a du rap un peu là-bas? 

Jean Jass : En vrai ouais, c’est plus méconnu car le rap belge a une exposition qui n’est que récente. Charleroi c’est une vile industrielle qui ressemble un peu aux villes du Nord, c’est un bassin minier, culturellement et musicalement c’est considéré comme un désert social.
Mais ça se réveille un peu. Puis, du rap il y en a toujours eu et même culturellement c’est resté actif.

La Stud : Caba dans « Pharaon Blanc » tu dis « Avant je n’avais pas de grillz ni de chaîne, maintenant je veux une Carrera ». Est-ce que ton état d’esprit a changé, est-ce que c’est différent de l’époque du singe qui fume sa cigarette?

Caballero : Ca a changé totalement, malheureusement à un moment tu donnes tout pour la musique mais si elle te le rend pas… Tu deviens obligé de te confronter au problème autrement. Tu places tout, tu fais les choses différemment, tu calcules, tu adoptes un autre plan d’attaque. Un moment je me suis dis « y en a marre de faire du bénévolat simplement ».

La Stud : En plus « Le Singe fume sa cigarette » était un Ep gratuit !

Caballero : Et oui, c’est une bonne comparaison à faire. J’étais plus jeune encore sûrement insouciant. A cette période, tu t’en fous, tu te rends peut-être pas compte de la valeur de l’argent, tu vis sûrement encore chez tes parents. Un moment la dure réalité te revient en pleine face.

La Stud : Là on s’adresse à J.J, dans « Repeat » tu te demandes « Pourquoi rapper mieux que ces pouilleux ça ne paie pas ? » Tu trouves qu’il y a un déséquilibre entre talent et argent dans le rap ?

Jean Jass : Non je ne pense pas, c’est une question de goût donc ça reste très subjectif. Cette phase, il ne faut pas forcément la prendre au premier degrès, elle rentre dans cette perpétuelle recherche de l’égotrip. Alors après oui, c’est sûr qu’il y a des gens qui ont un immense talent et aucune exposition, sans moyen c’est dur de faire des concerts et ils ne gagnent probablement pas leur vie. En soi s’en sortir c’est possible à partir du moment où t’es un bosseur selon moi, on respecte plus des mecs qui travaillent beaucoup que ceux qui ont plus de talent.
Vous savez il ne faut pas prendre ce qu’on dit dans nos morceaux au premier degrès les trois-quart du temps.

La Stud : On se demandait quelles étaient vos influences majeures pour cet EP ?

Jean Jass : On a pris un peu tout ce qu’on aimait.

Caballero : On aime beaucoup de choses, je pense que ça s’entend. Le projet est assez éccléctique et ouvert, que ce soit dans les flows ou les prods.

Jean Jass : Double hélice c’est vraiment un grand mélange aucours duquel on tente des choses. Je pense qu’on aurait pas sorti ces morceaux en solo. Pourtant on le tente ensemble.

La Stud : Du coup vous aimez les mêmes choses ?

Caballero : On partage pas mal de choses. On a des classiques en commun, après c’est pas du 100%. Si on écoutait totalement les mêmes choses ce serait chiant.

Jean Jass : Ouais grave, même nos morceaux seraient vraiment chiants.

La Stud : Vous auriez par exemple trois sons à nous donner que vous écoutez dans le tour bus?

Caballero : Ca va faire presque un an et demi qu’on tourne, pas mal de choses sont passées. Y en a plein

Jean Jass : Il faut savoir aussi qu’on est souvent dans la voiture d’Esko (ndlr : DJ Eskondo) et grâce à son poste incroyable, le morceau « Pyramide » d’Al Kapote se lance automatiquement.

Caballero : On a pas mal écouté les Anticipateurs qui sont des Québequois complétement fous.

Jean Jass : En U.S on a bien saigné « Too much Sauce » de Future et Lil Uzi Vert.

Caballero : On a tué le dernier Schoolboy Q aussi.

La Stud : Vous avez sorti cet EP chez « Back in the Dayz » pourquoi pas chez Don Dada par exemple? C’est un choix fort ou plutôt logique en fin de compte ?

Jean Jass : En vrai comme tu le dis c’était logique pour nous. Caba est sur la tournée Don Dada c’est des amis à moi aussi. Pourtant, Back in the Dayz est notre structure depuis longtemps, celle qui gère nos dates etc… Donc c’était normal pour nous de sortir cet EP avec eux.

Caballero : Ensuite c’est un projet en duo, on est tous les deux chez Back In, on est sur le terrain avec eux donc c’était naturel. On est avec eux à Bruxelles.
C’est pas dit que je sorte jamais un truc solo ou surprise chez Don Dada. C’est comme des cartes à jouer, on attend le meilleur moment pour chacune. Ici ça s’est fait très naturellement, on est très content de ce choix car « Back In the Dayz » c’est un travail très propre, le management est impeccable, on a des dates souvent, la promo a été très efficace sur le projet. Rien à dire [rires]…
Pour le vol. II on va reprendre la même équipe.

Jean Jass : Dites moi pourquoi changer une équipe qui gagne ?

La Stud : Justement, on voulait vous parler de ce Vol.II, vous avez quelques infos à donner aux lecteurs?

Caballero : Déjà tu peux leur dire qu’on a déjà bien commencé, on va avoir 6-7 morceaux déjà, on a pas mal de maquettes, on cherche des prods. C’est un travail constant, une machine à mettre en marche. On prépare aussi les clips pour les avoir sous la main au plus vite et pouvoir les sortir quand il faut.

 

La Stud : Alors on se demandait si vous alliez embarquer Roméo Elvis sur ce projet?

Cabellero : Ben… Lui il est dans d’autres épopées, ça ne veut pas dire qu’on le fera pas hein ! Mais c’est pas tout à fait les mêmes personnes.

Jean Jass : Après, on le voit presque tous les jours, je bosse sur son album. La première fois que je l’ai vu c’était au Studio de Seize, il y a quelques années, on l’a rencontré et on a tout de suite compris que c’était un futur merdeux.

 

La Stud : Bon Caba, on a une question par rapport au délire sur Ralph Lauren avec Alpha ! On a regardé vos interviews, on sait que c’est lui qui en a le plus quoi !

Caballero : Non non, ça varie selon les périodes. Il a un peu quitté le délire car il ne veut pas être exclusivement enrôlé dans une marque. Moi, j’assume complétement cet esclavage !

 

La Stud : C’est par rapport à Smoke DZA ?

Caballero : C’est par rapport à tout un mouvement dont smoke DZA fait partie. Même Buddahkriss de Just Music Beats qui est là, est dedans aussi. Eskondo derrière toi est lui aussi une véritable écurie sur pattes. C’est une maladie que certaines personnes ont c’est tout.

Marty : T’es un peu contrôlé par les reptiles non?

Caballero : Oui c’est ça, les reptiles nous demandent de porter du cheval et d’en faire la pub. On le fera donc.

Les 10 questions de La Stud avec Jean Jass et Caballero

Un artiste référence

JJ : The Alchemist

Caba : Schoolboy Q, dans l’air du temps

 

Un album

Caba : Mauvais Oeil

JJ : The Infamous

 

La collaboration la plus improbable

Caba : Big Flo et Oli
Je dis ça juste parce qu’on est un duo

 

Un film

J.J : Jurassic Park

Caba : L’effaceur avec Arnold Schwarzenegger

 

Un super-héros

Caba : Spider Man mais je préfère les Jedi

J.J : Charles Xavier

 

Une bière

Caba : La Gordon

J.J : La Duvel

 

Le Spot de rêve

Caba : Chez moi, mon pays, l’Espagne, je ne demande rien de plus

J.J : Je dirais Flagler en Floride. Un petit coin de Paradis je vous le conseille.

 

La femme de vos rêves

Caba : La mienne

J.J : La Sienne

 

Un chauve qui vous a marqué

Les deux : Zizou

J.J : Non, Charles Xavier encore et toujours

Caba : Bon je dirai mon père alors

 

Une blague

Caba : Lui il en a

J.J : Une courte ?
Bah non en fait j’en ai pas…
JOKER

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