Pröphan sort des ombres un nouvel EP, The Unholy Mausoleum

Pröphan sort des ombres un nouvel EP, The Unholy Mausoleum

La scène électronique marocaine ne cesse de s’enrichir. Le producteur et DJ Prophän faisait son retour ce lundi 2 décembre avec la sortie de The Unholy Mausoleum, deuxième EP du label le plus sombre du Maroc : Rhadâb (« colère » en arabe).

Après Moorish Sorcery, première sortie adoubée par Dax J, Paula Temple ou encore le seigneur des ténèbres SNTS, le jeune DJ/producteur casablancais s’enfonce le temps de trois morceaux dans les profondeurs inédites d’une ambiance des plus angoissantes.

La description livrée sur Bandcamp est sans concessions : « En plongeant plus profondément dans l’occulte marocain, Prophän tente de faire la lumière sur le culte obscur des ancêtres répandu en Afrique du Nord ». Un EP au mysticisme assumé, censé suggérer « l’état de transe profond dans lequel des fidèles se mettraient pour atteindre l’épiphanie ».

Pour décrire un tel climat, Prophän mise sur des sonorités plus sombres et moins entraînantes que sur ses précédentes productions, plus proches d’une dark ambiant que d’une techno ténébreuse mais linéaire. 

The Unholy Mausoleum, premier morceau de l’EP, donne directement le ton : Prophän n’est pas là pour nous faire danser. Ses basses sourdes et son rythme saccadé nous plongent directement dans une ambiance obscure. On se contentera donc de bouger la tête : parfois, des closed hats secs surgissent comme un moment de répit afin d’apprécier, pour un court instant, une linéarité apaisante.

Comme The Unholy Mausoleum, le morceau Virtuous Bloodhed mélange une ligne de basses étouffée et discontinue et une mélodie obscure. Mais cette fois-ci, s’invitent dans la danse des sonorités industrielles hachées qui, montant dans les aigues, viennent donner du contraste à la composition.

Avec A Guinean Brotherhood, on aura la courte impression d’une composition techno un peu plus linéaire que les précédentes. Cette illusion de courte durée, entretenue par des closed hats beaucoup plus dynamiques que sur les morceaux précédents, vient s’effacer en moins de deux minutes, lorsque l’amalgame mélodique de sonorités indistinctes vient écraser l’alliance plus classique entre kick et charleston.

Pour Rhadâb, Prophän se renouvelle pour s’aventurer dans des sentiers bien plus énigmatiques et chargés. Un EP réussi, qui symbolise à la perfection les « fréquences inconnues inspirées de la désolation et de la noirceur des paysages » marocains que cherche à communiquer le jeune label casablancais. 

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