2019: On a vu ce que Marsatac avait sous le capot
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2019: On a vu ce que Marsatac avait sous le capot

À défaut de pouvoir faire la tournée des festivals cet été, on a décidé de vous reproposer nos aventures de l’été 2019. Les 26, 27 et 28 juin 2020, Marseille aurait vu son coeur de ville temporaire du parc Chanot résonner des subs de la 22e édition de son festival emblématique Marsatac. Histoire de vous remettre dans le bain et de vous préparer à l’édition 2021, on vous propose notre expérience des 14, 15 et 16 juin 2019 sous odeur de caoutchouc brûlant, entre Chanot et plage du petit Roucas.

On s’était mijoté un programme pour ce match à domicile plus que coriace et on peut le dire, on l’a plutôt bien suivi. On avait là un lineup tonitruant, de quoi satisfaire le public marseillais, entre nouvelle graine rap locale et grands noms de la scène techno industrielle. C’est Marseille bébé comme dirait le S. Malgré un vendredi très venteux, la fête a été au rendez-vous tout le week-end.

Vendredi

Pas de chance pour l’organisation, le vent était le premier à rentrer sur le parc Chanot. Une ouverture décalée par sécurité nous a fait fouler le sol Marsatac un peu plus tard que prévu, mais pas de quoi décourager  les milliers de festivaliers présents. On a redécouvert le parc Chanot. Le parking ne trompe personne, chaque année, la scéno s’empare du bitume mais cette année, l’équipe d’Arbuste a redonné sens au lieu premier. Plusieurs grosses cylindrées tout droit sorties d’un Tokyo Drift sont parsemées sur l’esplanade, on atterrit dans un vrai rassemblement de tuning où les caissons s’énervent.

 

On a eu un véritable coup de coeur pour Blu Samu, adorable, réalisant un show intimiste de grande qualité. Elle tourne depuis dans nos playlists Summer-Chill. 

 

Le concert de Josman s’est déroulé en totale maîtrise, avec le désormais classique “Easy Dew Pétasse” que le public reprend à chaque tag du beatmaker.  

Les performances du collectif La Frappe ont été aussi de très grande qualité, réussissant à attirer du monde et à lancer des pogos, insufflant une véritable âme marseillaise au festival. C’était peut-être la scène la plus ambiançante du week-end. 

Sch, une des têtes d’affiche du festival, nous a bluffé par sa prestance et l’engouement généré par sa personne. Un des grands moments du week-end.

Sch © Frame Pictures

Côté électronique, on a essayé de bien se préparer mais on s’est fait happé par un week-end bien agité, on a surtout jonglé entre les deux scènes intérieures. On a commencé par un passage à l’Ass to Ass de Bambounou et Carl Craig, une mise en jambe de courte durée, on est sorti de la salle comme on est rentré, après quelques problèmes de sons et de transitions qui ont motivé notre sortie même si on n’a aucun doute sur la selecta et leur technique.

L’entre deux salles nous plongent dans une nouvelle ambiance, des nuages de fumée envoûtent le parking et les néons montrent leurs éclats.

Tout juste le temps de refaire un tour du site, prendre une bière et filer voir HAAi au club Phocéen, une des découvertes de l’année. La résidente de la BBC radio 1 s’est faite plaisir et nous a régalés avec un set enjoué, nous remettant dans le bain d’un marsatac qui sait y faire. C’était un line up australien sous le même toit pour le vendredi, HAAi a passé le témoin à Mall Grab qui a su bien garder la flamme sous les poutres du club Phocéen. Jordon s’est déchaîné et a fait ça propre. Sous les yeux de Nite Fleit, il nous a lâché un set composé de pas mal d’unreleased somptueuses dont notre équipe a attendu plusieurs mois avant d’en voir la couleur.

Samedi

Deuxième jour au parc Chanot et la tête encore sonnée des décibels de la veille.

On a tous validé l’énergie de Glints, qui a réussi à enflammer le club phocéen en début de soirée. 

Orelsan est arrivé avec son équipe, ses techniciens et son expérience de la scène. Plus grosse tête d’affiche du festival, la performance était de haut vol, réunissant presque tous les festivaliers. 

Enfin, c’est Paula Temple qui a clôt le festival de crépépé, et il en est ressorti plus qu’heureux.

Orelsan © Frame Pictures

Il fallait voir Jon Hopkins et on l’a vu, un live audiovisuel à la fois percutant et planant. On était quelques amateurs de bonne musique autre que les sentiers battus techno/house, à patienter impatiemment devant la scène du Grand Palais. Une énergie qui se fait sentir dès les premières notes. Un live évolutif aux visuels spatiaux voire émouvant. Un grand plaisir de pouvoir écouter son dernier album Singularity sur scène. La seule déception se fera du côté du public avec les mecs qui n’ont apparemment que d’oeil pour une scénographie et des visuels “à revoir” en enchaînant les critiques de bas étages sur les danseuses et Emerald and Stone qui pourtant envoûtait le public du Grand Palais.Quand même un coup de gueule au mec qui se permet de dire que “faudra revoir la scéno et les visuels, pis la musique un peu aussi” sur Emerald and stone. On ne peut que sortir la tête pleine de bonnes ondes de la performance de Jon Hopkins, pour une fois qu’un artiste sort du simple live set et propose un live A/V.

Ouai Stéphane, un nom qu’il était possible de voir ici et là sur les réseaux, notamment avec sa performance devant le mini château de Chambord. Ok, la performance au club Phocéen était intéressante, le son est bien sympa, pour un tout original mais un peu déçu d’avoir exactement le même live que la prestation promo. Une belle découverte toutefois, mais seconde déception, cette fois-ci quant au public. Il y avait là un beau bouquet de fanboys de Columbine qui étaient sûrement restés sur leur fin du concert de leurs idoles du trois-cinq pour gueuler “Ouai Stéphane” en boucle pendant toute la durée du set.

Ouai Stéphane © Valentin Antonini

Une belle envie de voir Deena Abdelwahed, découvrir sa performance et son univers mais c’était là une légère déception. Des sons très intéressants, des audioclips travaillés mais des problèmes de beatmatching qui m’ont laissé un peu sur ma faim. Une belle envie de la voir en DJ set cependant (ou son live une seconde fois).

L’alias house du jeune local Abstraxion, Lion’s Drums, nous a mis une bonne claque entre Acid et Tropical, une bonne manière de se remettre dans le bain avant le closing détartrant d’AZF. Le Grand Palais a bien vibré, des bons sons mais surtout une fin de set comme elle les fait si bien. Marseille? La FF a résonné dans le hangar pour les derniers moments au parc Chanot pour 2019.

Lions Drums © Frame Pictures

Dimanche

Il nous a fallu une bonne nuit pour revenir attaquer le closing. Marsatac a définitivement trouvé son dimanche, troisième jour pour les uns ou after pour les autres, le rendez-vous sur la plage du petit Roucas a mis tout le monde d’accord. Avec un décalage d’une heure cette année, les nombreux courageux ont pu profiter du soleil se coucher à l’horizon, face au public et dos à Denis Sulta. L’écossais a su contenir les vaillants venu prolonger l’aventure Marsatac jusqu’au dimanche 22h.

Denis Sulta © Valentin Antonini

On se retrouve l’an prochain Marsatac, avec toute la force économisée cette année.

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